Hanshan et la Sagesse du Bodhisattva Avalokitesvara

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Maitre Hanshan Deqing

Nous tenons à partager l’un des textes en cours de traduction en vue de la future publication du livret « GuanYin: La Voix du Silence ». Celui-ci est un extrait de l’autobiographie de maitre Hanshan Deqing, dans la traduction de notre chère Vénérable MingZhen Shakya. Comme pour nos autres livret, il s’agit d’une « traduction méditée » à partir de notre pratique, des enseignements reçus et de toutes les traductions existantes en langues occidentales. Tous comme les livrets et traductions précédentes, ce texte est partager dans une version non définitive afin de profiter à tous les pratiquants sincères.

Hanshan et la Sagesse du Bodhisattva Avalokitesvara

Lorsque nous arrivâmes à la cabane, les sons hurlant des vents et des eaux me dérangeait beaucoup. Puisque ça n’avait pas l’air de déranger le Vénérable MiaoFeng, je lui demandais de bien vouloir m’instruire. Il me dit: « La perturbation que vous ressentez est créée par votre propre esprit. Vous vous êtes attaché au son et de ce fait vous l’interprétez comme étant du bruit. Vous devriez écouter attentivement, vous concentrant dans le simple acte de l’écoute jusqu’à ce qu’aucune pensée ne surviennent en votre esprit. Les anciens disaient que quiconque entend sans attachement, c’est-à-dire quiconque perçoit les sons sans faire naître les pensées, atteindra sans délais la Sagesse de toute chose du Bodhisattva Avalokitesvara. »

Espérant maîtriser cette technique, Je m’entrainais sur un pont de bois chaque jour et j’essayais d’écouter le bruit de l’eau sans penser à quoi que ce soit. Tout d’abord, tout ce que je pu entendre n’était que bruit. Mon esprit ne cessait de penser. Mais, après un peu de pratique, mon esprit commença à se calmer. Puis, un jour, mes pensées se sont arrêtées, calmes telles les eaux d’un lac, j’étais si immerger dans le son que je me suis oublié. Le bruit et ma propre existence se sont évanouis. La sérénité enveloppa mon esprit. Après cela, à chaque fois que j’entendais un son qui auparavant me dérangeait, tout ce que j’avais à faire c’est de me concentrer sur ce son sans m’y attacher mentalement et je me retrouvais dans le même état serein.

Tous les jours je cuisinais du riz et le mangeait avec des légumes et du gruaux de céréale. Ensuite, après les repas, je m’en allait marcher un peu. Mais un jour, alors que je marchais, je m’arrêtais subitement et me tins immobile, et en ce moment d’extase, j’entrais en Samadhi. Très vite, je ne vis plus rien qu’une grande lumière, ronde et pleine, pure et calme telle un grand miroir rond. Les montagnes, les rivières et la grande terre toute entière apparurent dans le miroir. Lorsque je revins à moi, je revins à la cabane et je remarquais que les ustensiles que j’utilisais pour cuire le riz étaient couverts de poussière. Combien de temps suis-je resté en Samadhi? Je ne saurais le dire. Je vivais seul à l’époque, ainsi que personne n’a pu m’aider à savoir combien de temps avait duré cette expérience d’illumination.

Ma compréhension du Zen s’était approfondie. Tous mes précédents doutes s’évanouirent et mon esprit devint merveilleusement clair. Ensuite, dans la suite de la grande lumière qui me pris, je composais ces lignes:

« Lorsque l’esprit ne cesse de cascader (de pensée en pensée),

Comment la vision pourrait-elle ne pas être obscurcie?

Lorsque l’esprit s’arrête, même un moment,

Tout devient parfaitement clair!

L’esprit qui se meut polit les briques d’argile.

Dans l’immobilité, trouvez le miroir!

Trésors du Shurangama: Instructions sur l’Esprit Un

img_20161001_164955 Aujourd’hui (O5 octobre ou premier week-end d’octobre) notre sangha fête Bodhidharma et tous les Patriarches jusqu’à Huineng par la cérémonie de récitation d’hommage à la lignée et la récitation du traité des deux entrées du Premier Patriarche, Maitre Bodhidharma.

Nous voulions profiter de cette occasion pour partager l’un des textes en cours de traduction en vue de la future publication du livret « GuanYin: La Voix du Silence ». Celui-ci est un extrait du Shurangama Sutra où le Bouddha éclaire Ananda sur la manière de s’harmoniser avec nos sens et leurs objets. Un texte fondamental du Zen Chinois (Chan) et particulièrement de la tradition du GuanYin FaMen (Porte du Dharma de GuanYin) qui sera l’objet principal du futur livret. Comme pour nos autres livret, il s’agit d’une « traduction méditée » à partir de notre pratique, des enseignements reçus et de toutes les traductions existantes en langues occidentales. Tous comme les livrets et traductions précédentes, ce texte est partager dans une version non définitive afin de profiter à tous les pratiquants sincères.

 Instructions sur l’Esprit Un

Ananda dit : « Honoré du Monde, comme a dit le Bouddha, la Terre de l’Esprit (esprit fondamental ou foncier) utilisée comme point de départ dans la quête de la Réalité doit être compatible avec la Terre de Conséquence (l’effet, le fruit « des actes »). Honoré du Monde, bien que la réalisation de la conséquence soit nommé de sept différentes façons : Bodhi, Nirvana, l’Absolu, Nature de Bouddha, Connaissance Immaculée (AmalaVijnana), Réceptacle Immatériel du Tathagata, le Grand Miroir de la Sagesse, il est pur, clair et parfait et sa Substance ne change pas, il est tel le diamant royal (Maha Vajra) qui est permanent et indestructible. À présent (nous savons) que la faculté de voir ou d’entendre ne possèdent pas de nature indépendante en l’absence de lumière ou d’obscurité, de mouvement ou d’immobilité, d’ouverture ou d’obstruction, et sont tels le mental (pensant) qui cesse d’exister en l’absence de données provenant des sens (stimuli). Comment peuvent-ils être le point de départ dans la quête des Sept Fruits permanent des Tathagatas ? Honoré du Mode, la vue cesse en l’absence de lumière ou d’obscurité, tel le mental qui cesse lorsqu’il n’y a pas de phénomènes extérieurs.

Investiguant tout cela, je recherche en vain mon esprit (le sujet) et les objets mentaux : quel cause/départ devrais-je choisir dans ma quête pour la Suprême Bodhi ? Est-ce que le précédent enseignement sur la nature de la vision, qui est précieux pur, parfait et permanent, contredit vos « véritables Mots », est-ce que tout cela n’est qu’une sophistique (un jeu de concepts) ? Pourriez-vous par compassion éclaircir mes illusions et mes perplexité. »

Le Bouddha répondit «  Tu as augmenter ton savoir en écoutant les enseignements mais tu n’as pas totalement réussi à sortir du courant de la transmigration. Bien que tu connaisses les causes de ton mal, lorsque tu te trouves en sa présence, tu n’arrives pas du tout à le reconnaître. Ta confiance/foi (en ta Nature Véritable) n’est pas parfaite, je vais à présent éclaircir tes doutes. »

Le Bouddha demanda alors à Rahula de frapper la cloche. Il demanda ensuite à Ananda, « Entends-tu ? » Ananda et tous les membres de l’Assemblée répondirent positivement. Lorsque le son de la cloche ne se fit plus entendre, le Bouddha demanda à nouveau «  Est-ce que tu l’entends toujours ? » Tous répondirent négativement, Rahula frappa à nouveau la cloche et le Bouddha demanda : «  L’entendez-vous ? Tous répondirent à nouveau positivement, Le Bouddha demanda alors à Ananda : «  Qu’est ce que tu veux dire par entendre ou ne pas entendre ? » Ananda et les autres répondirent lorsque la cloche est frappée, on appelle cela entendre et lorsque le son et son échos cesse, on appelle cela ne pas entendre.

Le Bouddha demanda à nouveau à Rahula de frapper la cloche et demanda à Ananda : «  Y-a-t-il un son ? »  Ananda et les autres répondirent qu’il y avait un son, celui de la cloche. Lorsque l’écho cessa le Bouddha demanda : «  Et à présent, y-a-t-il un son ? »  Tous répondirent qu’il n’y en avait aucun. Rahula frappa à nouveau la cloche le Bouddha demanda : «  Y-a-t-il un son ? » Tous répondirent positivement. Le Bouddha demanda alors à Ananda «  Que veut tu dires par son et absence de son ? »  Ananda et les autres répondirent qui lorsque la cloche était frappée, il y avait un son et lorsque le son et son écho cesse, c’était appelé absence de son.

Le Bouddha dit «  Pourquoi parle tu si légèrement ? «  Ananda et les autres demandèrent «  Pourquoi dites vous que nous parlons légèrement ? »  Le Bouddha répondit «  Lorsque je vous ai parlé de l’écoute vous m’avez parlé d’écoute, lorsque je vous ai parlé de son, vous avez parlé de son. Et vos réponses sur l’écoute et les sons étaient bien ambiguës : comment pourrait-elle ne pas être appelée légères »

« Ananda, lorsque tant le son que son échos cesse, tu parle de ne plus entendre, si cela avait été le cas, la nature (de l’ouïe) serait morte telle une bûche moisie, mais alors, lorsque la cloche est à nouveau frappée, comment se fait-il que tu l’entendes (à nouveau) ? L’existence et la non-existence ne concerne que le son, qui peut être ou ne pas être présent, mais comment la nature (de l’ouïe) poursuivrait tes propres discriminations jusqu’à exister ou pas (selon tes propres vues) ? Si (l’ouïe) avait vraiment cessée, qui savait qu’il y avait absence de son ? (cf. entre deux souffles, deux pensées)

«  De ce fait, Ananda, dans ton ouïe, le son peut exister ou ne pas exister mais cela ne signifie pas que le son, entendu ou pas, est la cause de l’existence ou de la non-existence de ton ouïe. Dans ton illusion, tu confonds le son avec ton ouïe et c’est pourquoi tu confonds le permanent et le transitoire. Tu ne devrais pas dire que l’ouïe n’a pas de nature alors qu’elle existe en dehors du mouvement, de l’immobilité, de l’obstruction et de l’ouverture. »

Par exemple, lorsqu’un homme dort bruyamment. Si des gens pilent du riz (expression traditionnelle chinoise, cf Huineng), il se pourrait qu’il entende le son d’un tambour ou celui d’une cloche. Ainsi en dormant, il trouvera probablement bizarre que la cloche sonne comme des battements de pièces de bois ou de pierre (à piler le riz), mais si il se réveille soudainement, et entend le pilon frappé, il pourra partager à sa famille l’erreur qu’il faisait pendant son sommeil.

Ananda, est-ce que cet homme se rappelle durant son sommeil de l’immobilité, du mouvement, de l’ouverture et de l’obstruction ? Bien que son corps soit au repos, la nature de son ouïe est présente.

«  Même lorsque ton corps péri et que ta vie s’en va, comment cette nature pourrait-elle disparaître ? Depuis des temps sans commencement les êtres vivants ont suivis les formes et ont poursuivis le flux de leur pensées sans s’éveiller à leur pure, profonde, et permanente nature. En s’éloignant de ce qui est permanent et en suivant la naissance et la mort, ils ont été contaminés par les souillures de nombreuses vies passées.

Si (seulement) vous vous écartiez du samsarique (du conditionné, du faux,) et résidiez dans la véritable permanence, votre Lumière éternelle,fondamentale, apparaîtra faisant disparaître simultanément vos organes des sens, les données des sens, la conscience et le ‘mental’. Les objets mentaux sont des poussières (polluantes) et les sentiments qui émergent ne sont que des impuretés ; si tout deux sont à distance, votre Oeil du Dharma apparaît instantanément, pur et lumineux.

Pourquoi, dans ce cas, ne pourrais-tu pas réaliser l’Éveil Suprême ? »

Histoire Zen de Ming Zhen 06

Histoire Zen de Ming Zhen 06

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Le Daimyo et le novice

Chers amis,

Combien de fois n’avons-nous pas entendu des gens se plaindre en essayant d’accomplir quelque chose, sans y arriver. Ont-ils vraiment essayer, on se le demande parfois. Comme eux, nous nous sommes tellement habitués à rater, en répétant toujours les mêmes méthodes, pour les mêmes résultats… décevants.

Un jour, un chef de guerre célèbre vînt visiter son ancien maître Zen. Pendant qu’ils sirotaient du thé en bavardant dans la chambre du maître, ils pouvaient entendre à la fenêtre un novice se plaignant à son ami que les instructions qu’il avait reçues pour atteindre la méditation n’étaient pas suffisamment bonnes. « J’essaye et réessaye de me concentrer, mais peu importe la manière, je n’obtiens pas de résultats . Les instructions que le Maître nous a données sont sans valeur. Elles ne fonctionnent tout simplement pas. »

Le chef de guerre, gêné pour son maître, se souvînt avoir reçu les mêmes instructions et savait qu’elles étaient la voie vers l’atteinte de la concentration méditative.

Il se tourna vers son maître et demanda: «Maître, seriez-vous assez aimable pour me permettre d’instruire votre jeune disciple?  » Le maître répondit: «Par tous les moyens … si vous pensez que vous pouvez l’aider, veuillez essayez. »

Le chef de guerre remplit une tasse de thé à ras bord et alla à l’extérieur pour la donner au novice plaintif. Le novice regarda le chef de guerre, puis la coupe débordante de thé, et demanda: «Que voulez-vous que je fasse avec ça? »

« Je veux que vous marchiez autour de la cour du monastère, portant la tasse de thé. «Le novice sourit, montrant qu’il pensait que la demande était ridicule. Puis le chef de guerre convoqua cinq de ses meilleurs archers. « Suivez cet homme autour de la cour et portez attention à la manière dont il porte cette tasse de thé. S’il renverse une seule goutte, tirez lui dessus.  »

Ce jour-là le novice appris à se concentrer.

Histoire Zen de Ming Zhen 05

Histoire Zen de Ming Zhen 05

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Le Bouddha et le bateau

Un jour, le Bouddha se tenait près d’une rivière, attendant un bateau qui pourrait l’emmener sur la rive opposée. Le passeur qui conduisait le bateau était lent mais ne demandait qu’une piècette pour la traversée.

Sur la rive,  un yogi, le dévot d’un gourou célèbre. Le dévot ricana du Bouddha, lui disant:

“Malgré tous vos discours, vous n’avez aucun pouvoir. Ne vous souciez­vous pas de vos disciplines? Pourquoi agir ainsi… ?
Mon maître a passé des années à apprendre à léviter. Aussi, s’il avait été ici et voulait traverser cette rivière, il aurait tout simplement marché sur l’eau ».

Le Bouddha le regarda et répondit: « Des années vous dites. Il a passé des années à apprendre à léviter. Pourquoi consacrer son temps à apprendre à faire quelque chose qu’il pouvait avoir pour une minuscule piècette? »

traduit par QianXin, editer par YaoXin

Histoire Zen de Ming Zhen 04

Histoire Zen de Ming Zhen 04

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Le prince qui aimait les oiseaux

Chers amis, Beaucoup de gens qui cherchent à être de bons bouddhistes Zen croient qu’ils devraient toujours être gentils, quelles que soient les circonstances.

Ils pensent parfois devoir pardonner tous les crimes ou donner de l’argent à chaque organisme de bienfaisance sans penser à la possibilité que leurs actions auront un effet néfaste sur la société.

Nous devons toujours être bons, mais nous devons aussi utiliser Le bon sens Zen.

Il était une fois un prince qui aimait les oiseaux. Son royaume était rempli d’oiseaux merveilleux, et il aimait se promener dans les bois chaque matin pour les accueillir. Il y avait même un endroit dans son palais utilisé comme une sorte d’hôpital pour oiseaux blessés qu’on trouve parfois sur ses promenades matinales.

Un jour, un fermier trouva un oiseau blessé sur sa terre et, sachant que l’oiseau avait besoin de plus traitement médical qu’il pouvait lui donner, porta l’oiseau au prince et lui demanda s’il pouvait aider la créature à récupérer.

Le prince a été ému par la gentillesse de l’agriculteur et lui donna une pièce d’or pour sa peine.

L’agriculteur rentré chez lui dit à ses amis quel gentil et généreux prince il était. Et leur montra la pièce. Ce soir-là un de ses amis sorti et mutila un oiseau, puis le porta au prince.

Naturellement, le prince le récompensa avec une pièce d’or. L’homme rentra chez lui et montra la pièce à plusieurs de ses amis. Et ce soir-là un grand nombre de ses amis sont sortis et trouverent des oiseaux a mutiler eux aussi afin qu’ils puissent les donner au prince pour leurs récompenses.

En in rien de temps, non seulement le trésor du prince fut vide, mais tous les oiseaux disparurent du royaume. Comme les gens dansaient et chantaient leur bonne fortune, le prince marchait à travers le bois et n’entendit pas un chant d’oiseaux. Il pleura en sachant que sa bonté aveugle avait détruit ces créatures mêmes qu’il avait essayé de sauver.

Retraite d’Automne de la Cabane du Sud

 

UNE BONNE NOUVELLE

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Retraite d’automne de l’Ermitage de la Cabane du Sud

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SOURCE :  https://bouddhismechan.com/

La retraite d’automne se déroulera donc à la Fleyssière dans l’Hérault à environ une heure de Montpellier.

Pour l’instant les dates ne sont pas fixées, à savoir que tous les week-ends d’octobre sont libres. La retraite débutera le vendredi matin et se finira le dimanche dans l’après-midi.

Arrivée le jeudi fin d’après- midi.

Dans un souci de cohérence, faites nous savoir les dates qui vous conviendraient le mieux :     ermitagedelacabanedusud@orange.fr

Fin août, les dates précises seront communiquées via le site ainsi que toutes les indications nécessaires, fiches d’inscriptions et autres…

Une retraite est prévue du 26/12/2016 au 1/01/2017 dans les monts d’Ardèche pour l’instant le lieux n’est pas encore déterminé.

Je vous souhaite à tous  un bel été et une belle pratique.

Amituofo !

Qian men shakya

Histoires Zen de Ming Zhen 03

Histoires Zen de Ming Zhen 03

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Le Scorpion et le Saint-Homme

Chers amis, Pourquoi oublions nous si facilement les enseignements du Bouddha?

 

Un jour, un saint homme était assis près d’une rivière, regardant l’eau s’écouler, lorsqu’il vit un scorpion s’approcher du bord de la rivière pour ensuite tombé dans l’eau. Le saint homme voyant le scorpion lutter contre l’eau, utilise sa main comme une pelle et soulève le scorpion pour pouvoir ensuite le poser. Lorsqu’il pose le scorpion au sol, la créature le pique. Le saint homme ne dit rien et continue à regarder le débit d’eau.

Quelques minutes plus tard, le scorpion revint à la rive du fleuve et a nouveau, tombe dans l’eau … et a nouveau le saint-homme refait la même action. Et a nouveau, le scorpion le piqua. Le saint homme ne dit rien et continua à regarder le débit de la rivière. Quelques minutes passèrent et le scorpion est revint au bord de la rivière et tomba une fois encore dans l’eau, et une fois encore, le saint homme l’a posé en toute sécurité sur le sol.

Et a nouveau, le scorpion piqua le saint homme. Le saint homme tourna simplement la tête et continua de regarder le fleuve.

Un homme ayant vu toute la scène s’irrita de voir le saint homme répéter ce sauvetage fou d’un scorpion ingrat. Il alla vers le saint homme et le somma de répondre. «Pourquoi persistez-vous à sauver un scorpion misérable qui ne montre aucune gratitude pour vos efforts et vous pique?”

Et le saint homme répondit: «Il est de la nature d’un scorpion de piquer, tout comme il en est d’un être humain d’aider une créature dans le besoin».

Dans le Zen nous enseignons cette vérité parce que nous sommes souvent tentés de chercher a recevoir de la gratitude pour la moindre chose que nous faisons pour les autres. Il en est comme si nous essayons de former un contrat avec la personne que nous aidons. Comme si dans ces instants on pensait, «Je vais le faire pour lui et puis il va dire au monde entier quelle personne généreuse je suis.”

Parfois, nous allons même penser, «Je vais le faire pour lui et puis, quand j’aurai besoin d’aide, il m’en donnera en retour. ”

Non! La façon Zen de d’harmoniser avec le monde est d’être comme ce saint homme et d’agir en accord profond avec notre nature propre, puis d’oublier complètement, indépendamment de ce qui se passe, et de revenir à nos vies ” en regardant le débit de la rivière s’écouler “.

Histoires Zen de Ming Zhen 02

Une de nos enseignantes principale, la vénérable nonne MingZhen Shakya/Shih, a compilé 40 histoires simples qui mettent merveilleusement en lumière la beauté du Zen dans notre quotidien. Ces histoires populaires, ces « koans pour les humbles », sont des histoires morales, des paraboles, typique de la manière humble d’enseigner des grands maîtres du Zen chinois (Chan). En effet, maître Hsu Yun lui même aimait évoquer ce type d’histoires, ainsi que les koans classiques d’ailleurs, comme autant de paraboles des anciens à partager simplement et avec le sourire.

Grâce au travail de QianXin, sous la direction de Shih YaoXin, la DWZS/OZHY est heureuse de vous partager la deuxième de ces histoires classiques. Nous espérons vous en partager l’essence, soit les 10 premières.

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Histoire # 2 : La barque vide

Chers amis,

Combien de fois nous perdons-nous dans la colère, à cause de mots ou d’actions que nous percevons comme insultantes? Si seulement nous nous arrêtions pour appliquer un peu de sens commun Zen à nos interactions, nous serions beaucoup plus heureux.
Une vieille histoire Zen nous rappelle pourquoi nous devrions nous arrêter et réfléchir avant d’agir.

Supposons qu’un jour, sur une rivière, une petite barque vide se délie puis commence à suivre le courant. Alors qu’elle s’en va vers l’aval, un homme assis dans une autre barque, essaye de traverser la rivière. Dès qu’il commence à ramer, il a voit le bateau se diriger vers lui.  Il se rend alors compte que les deux bateaux vont entrer en collision, ainsi il sort sa rame et pousse la barque vide qui change doucement de direction  et continue son chemin sur la rivière.

Mais supposons qu’un autre homme soit assis dans la barque qui était vide. L’homme qui avait précédemment essayer de ramer à travers la rivière lui aurait crié: «Hé! Reprenez le contrôle de votre bateau ou nous allons entrer en collision! »

Et si l’homme n’avait rien fait, les deux bateaux se seraient rapprochés, l’homme qui ramait se serait mis à crier: «Regardez où vous allez, espèce d’idiot! Vous allez heurter mon bateau! » Et puis il se serait levé et aurait commencé à agiter sa rame comme une arme et à menacé l’autre homme. Les bateaux seraient alors entrés en collision, et il aurait frappé l’autre homme avec sa rame.
Peut-être dans la lutte, l’homme qui tentait de ramer à travers le fleuve serait tombé dans l’eau et se serait noyé. Qui sait? Mais pourquoi, devons-nous nous demander. Une telle confrontation était elle nécessaire?

Les deux situations étaient pourtant identiques. Deux bateaux allaient entrer en collision. Dans le premier cas, l’homme pousse doucement la barque venant en sens inverse de côté et continue son chemin. Mais dans le deuxième cas, voyant un homme inactif dans le bateau, immédiatement, il serait devenu furieux parce qu’il se serait  aperçu qu’il était ignoré ou en quelque sorte déshonoré. Il n’aurait pas arrêté de penser que peut-être l’autre homme était malade ou blessé, ou tout simplement incapable de diriger son bateau. Il aurait permis à son ego de s’impliquer dans ce qu’il a perçu comme une menace personnelle, et à se construire ainsi un honneur d’homme attaqué à protéger.

Quels fous nous sommes lorsque nous répondons par la colère! Si cet homme avait seulement répondu avec bon sens et avec bonté, il aurait pu appeler l’autre homme, et ne recevant pas de réponse, il aurait simplement pu « poussé l’autre barque de coté et continué son chemin jusqu’à l’autre rive » en toute sécurité. Et peut-être même aurait-il vu que l’autre homme était en détresse et avait besoin d’aide, Il aurait pu agir en Bon Samaritain et donné son aide à l’autre homme. N’aurait-ce pas été la meilleure façon d’agir… la façon Zen de répondre aux conditions?

L’épée vajra: enseignements choisis de maitre Hanshan Deqing

C’est avec un grand plaisir que la Dharma Winds Zen Sangha / Ordre Zen de Hsu Yun (DWZS/OZHY) vous partage son dernier livret: L’épée vajra: enseignements choisis de maitre Hanshan Deqing. Ce livret de presque 60 pages réunis les principaux textes du maitre que l’on utilise dans notre tradition.

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C’est donc avec une grande joie et une grande humilité que nous partageons le fruit de notre travail depuis de nombreux mois.

Puisses tous les êtres profiter de la divulgation du Dharma du Très Vénérable Hanshan Deqing!

HANSHAN COUV

 

Cliquez ICI pour accéder à la version pdf de ce livret plus agréable à lire sur papier et support numérique: L’épée vajra: enseignements choisis de maitre Hanshan Deqing.

La robe de moine de Hanshan Deqing

C’est avec plaisir de la Dharma Winds Zen Sangha / Ordre Zen de Hsu Yun DWSZ/OZHY partage sa traduction de ce poème peut connu de maître Hanshan Deqing.

Ce poème sur la robe est vraiment à l’image du maître lui-même: le poème est très complet puisqu’il dispose d’un commentaire et de poèmes corollaires. Il reste pourtant d’une simplicité franche et directe, le maître ne faisant pas abstraction de la part mondaine de la vie. Ce mélange détonant de la  manifestation profonde de la  Réalité Principielle au-delà des mots et des manifestations les plus concrètes de notre matérialité physique est une attachante et rafraîchissante lecture pour nous tous!

Sachons nous inspirer du grand maître afin de manifester la plus Profonde Réalité en notre quotidien le plus intime et mondain!

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La robe de moine

Poème et commentaire de maître Hanshan Deqing

Tu me recouvre et te façonne pour mieux m’aller,

Renfermant mon Cœur/Esprit.

Je ne veux pas m’en échapper.

A l’intérieur de toi, j’ai tout ce qu’il me faut.

 

Sais-tu à quel point tu es belle ?

Tes bords gracieux flottent dans la brise,

Tels les ailes du cygne sauvage.

Et lorsque je te laisse pendre librement,

Et que le vent qui vient s’engouffre en toi,

Tu es un nuage flottant,

Qui me rapproche du ciel des dragons.


En toi, je suis libre.

Je peux gravir de hautes montagnes et me reposer à leur sommet.

La soie me fuirait. Pas toi.
Tu me dis : Reste, installe-toi en ta demeure !
Tel un refuge de chaleur dans une tempête de neige.  

Cette Montagne Stupide se ballade,

Jouant le clown, le fou du village.

Et s’assoie ici seul, contenter par la solitude, en une paix parfaite.

Je ne suis qu’un simplet.

Commentaire du poème par maître Hanshan :

C’est ainsi! Et ce fut une réalisation pour moi !

Soudain, l’envie d’uriner.

Et là, regardant le flot de mon urine s’écouler,

Tout s’arrêta.

Expérimentant ce moment comme éternel,

Je vis avec mon Œil Bouddhique.

À présent, je savais.

Rien n’est né et rien ne peut n’être.

Tout EST.

J’ai écrit ces quelques lignes pour commémorer l’évènement :

 

« Naissance et mort ». « Nuit et Jour ».

De l’eau courante, de l’eau stagnante.

Un bouton et une fleur fanée.

Puis-je réaliser le moment où ils se transforment,

De l’un à l’autre ?
Mes narines peuvent-elles se tourner vers le haut ou mes yeux se voir eux-mêmes ?

 

A ce moment ma compréhension du Zen s’est approfondie. Tous mes doutes se sont évanouis et  mon esprit était merveilleusement clair. Alors, dans les dernières lueurs de cette grande lumière qui illumina ma vie j’écris ces quelques lignes :

Lorsque l’esprit ne cesse de tourner,

Comment notre vision pourrait-elle être claire ?

Lorsque l’esprit s’arrête, même un instant,

Tout apparait d’une clarté transparente.

L’esprit agité est comme une brique que l’on polit.

 

Dans le silence/l’immobilité trouvez le miroir !

 

Tiré de l’autobiographie de maître Hanshan Deqing traduite vers l’anglais par la révérente nonne Ming Zhen Shakya, une version française de l’ensemble devra être disponible fin 2017.