Histoires Zen de Ming Zhen 02

Une de nos enseignantes principale, la vénérable nonne MingZhen Shakya/Shih, a compilé 40 histoires simples qui mettent merveilleusement en lumière la beauté du Zen dans notre quotidien. Ces histoires populaires, ces « koans pour les humbles », sont des histoires morales, des paraboles, typique de la manière humble d’enseigner des grands maîtres du Zen chinois (Chan). En effet, maître Hsu Yun lui même aimait évoquer ce type d’histoires, ainsi que les koans classiques d’ailleurs, comme autant de paraboles des anciens à partager simplement et avec le sourire.

Grâce au travail de QianXin, sous la direction de Shih YaoXin, la DWZS/OZHY est heureuse de vous partager la deuxième de ces histoires classiques. Nous espérons vous en partager l’essence, soit les 10 premières.

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Histoire # 2 : La barque vide

Chers amis,

Combien de fois nous perdons-nous dans la colère, à cause de mots ou d’actions que nous percevons comme insultantes? Si seulement nous nous arrêtions pour appliquer un peu de sens commun Zen à nos interactions, nous serions beaucoup plus heureux.
Une vieille histoire Zen nous rappelle pourquoi nous devrions nous arrêter et réfléchir avant d’agir.

Supposons qu’un jour, sur une rivière, une petite barque vide se délie puis commence à suivre le courant. Alors qu’elle s’en va vers l’aval, un homme assis dans une autre barque, essaye de traverser la rivière. Dès qu’il commence à ramer, il a voit le bateau se diriger vers lui.  Il se rend alors compte que les deux bateaux vont entrer en collision, ainsi il sort sa rame et pousse la barque vide qui change doucement de direction  et continue son chemin sur la rivière.

Mais supposons qu’un autre homme soit assis dans la barque qui était vide. L’homme qui avait précédemment essayer de ramer à travers la rivière lui aurait crié: «Hé! Reprenez le contrôle de votre bateau ou nous allons entrer en collision! »

Et si l’homme n’avait rien fait, les deux bateaux se seraient rapprochés, l’homme qui ramait se serait mis à crier: «Regardez où vous allez, espèce d’idiot! Vous allez heurter mon bateau! » Et puis il se serait levé et aurait commencé à agiter sa rame comme une arme et à menacé l’autre homme. Les bateaux seraient alors entrés en collision, et il aurait frappé l’autre homme avec sa rame.
Peut-être dans la lutte, l’homme qui tentait de ramer à travers le fleuve serait tombé dans l’eau et se serait noyé. Qui sait? Mais pourquoi, devons-nous nous demander. Une telle confrontation était elle nécessaire?

Les deux situations étaient pourtant identiques. Deux bateaux allaient entrer en collision. Dans le premier cas, l’homme pousse doucement la barque venant en sens inverse de côté et continue son chemin. Mais dans le deuxième cas, voyant un homme inactif dans le bateau, immédiatement, il serait devenu furieux parce qu’il se serait  aperçu qu’il était ignoré ou en quelque sorte déshonoré. Il n’aurait pas arrêté de penser que peut-être l’autre homme était malade ou blessé, ou tout simplement incapable de diriger son bateau. Il aurait permis à son ego de s’impliquer dans ce qu’il a perçu comme une menace personnelle, et à se construire ainsi un honneur d’homme attaqué à protéger.

Quels fous nous sommes lorsque nous répondons par la colère! Si cet homme avait seulement répondu avec bon sens et avec bonté, il aurait pu appeler l’autre homme, et ne recevant pas de réponse, il aurait simplement pu « poussé l’autre barque de coté et continué son chemin jusqu’à l’autre rive » en toute sécurité. Et peut-être même aurait-il vu que l’autre homme était en détresse et avait besoin d’aide, Il aurait pu agir en Bon Samaritain et donné son aide à l’autre homme. N’aurait-ce pas été la meilleure façon d’agir… la façon Zen de répondre aux conditions?

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