Trésors du Shurangama: Instructions sur l’Esprit Un

img_20161001_164955 Aujourd’hui (O5 octobre ou premier week-end d’octobre) notre sangha fête Bodhidharma et tous les Patriarches jusqu’à Huineng par la cérémonie de récitation d’hommage à la lignée et la récitation du traité des deux entrées du Premier Patriarche, Maitre Bodhidharma.

Nous voulions profiter de cette occasion pour partager l’un des textes en cours de traduction en vue de la future publication du livret « GuanYin: La Voix du Silence ». Celui-ci est un extrait du Shurangama Sutra où le Bouddha éclaire Ananda sur la manière de s’harmoniser avec nos sens et leurs objets. Un texte fondamental du Zen Chinois (Chan) et particulièrement de la tradition du GuanYin FaMen (Porte du Dharma de GuanYin) qui sera l’objet principal du futur livret. Comme pour nos autres livret, il s’agit d’une « traduction méditée » à partir de notre pratique, des enseignements reçus et de toutes les traductions existantes en langues occidentales. Tous comme les livrets et traductions précédentes, ce texte est partager dans une version non définitive afin de profiter à tous les pratiquants sincères.

 Instructions sur l’Esprit Un

Ananda dit : « Honoré du Monde, comme a dit le Bouddha, la Terre de l’Esprit (esprit fondamental ou foncier) utilisée comme point de départ dans la quête de la Réalité doit être compatible avec la Terre de Conséquence (l’effet, le fruit « des actes »). Honoré du Monde, bien que la réalisation de la conséquence soit nommé de sept différentes façons : Bodhi, Nirvana, l’Absolu, Nature de Bouddha, Connaissance Immaculée (AmalaVijnana), Réceptacle Immatériel du Tathagata, le Grand Miroir de la Sagesse, il est pur, clair et parfait et sa Substance ne change pas, il est tel le diamant royal (Maha Vajra) qui est permanent et indestructible. À présent (nous savons) que la faculté de voir ou d’entendre ne possèdent pas de nature indépendante en l’absence de lumière ou d’obscurité, de mouvement ou d’immobilité, d’ouverture ou d’obstruction, et sont tels le mental (pensant) qui cesse d’exister en l’absence de données provenant des sens (stimuli). Comment peuvent-ils être le point de départ dans la quête des Sept Fruits permanent des Tathagatas ? Honoré du Mode, la vue cesse en l’absence de lumière ou d’obscurité, tel le mental qui cesse lorsqu’il n’y a pas de phénomènes extérieurs.

Investiguant tout cela, je recherche en vain mon esprit (le sujet) et les objets mentaux : quel cause/départ devrais-je choisir dans ma quête pour la Suprême Bodhi ? Est-ce que le précédent enseignement sur la nature de la vision, qui est précieux pur, parfait et permanent, contredit vos « véritables Mots », est-ce que tout cela n’est qu’une sophistique (un jeu de concepts) ? Pourriez-vous par compassion éclaircir mes illusions et mes perplexité. »

Le Bouddha répondit «  Tu as augmenter ton savoir en écoutant les enseignements mais tu n’as pas totalement réussi à sortir du courant de la transmigration. Bien que tu connaisses les causes de ton mal, lorsque tu te trouves en sa présence, tu n’arrives pas du tout à le reconnaître. Ta confiance/foi (en ta Nature Véritable) n’est pas parfaite, je vais à présent éclaircir tes doutes. »

Le Bouddha demanda alors à Rahula de frapper la cloche. Il demanda ensuite à Ananda, « Entends-tu ? » Ananda et tous les membres de l’Assemblée répondirent positivement. Lorsque le son de la cloche ne se fit plus entendre, le Bouddha demanda à nouveau «  Est-ce que tu l’entends toujours ? » Tous répondirent négativement, Rahula frappa à nouveau la cloche et le Bouddha demanda : «  L’entendez-vous ? Tous répondirent à nouveau positivement, Le Bouddha demanda alors à Ananda : «  Qu’est ce que tu veux dire par entendre ou ne pas entendre ? » Ananda et les autres répondirent lorsque la cloche est frappée, on appelle cela entendre et lorsque le son et son échos cesse, on appelle cela ne pas entendre.

Le Bouddha demanda à nouveau à Rahula de frapper la cloche et demanda à Ananda : «  Y-a-t-il un son ? »  Ananda et les autres répondirent qu’il y avait un son, celui de la cloche. Lorsque l’écho cessa le Bouddha demanda : «  Et à présent, y-a-t-il un son ? »  Tous répondirent qu’il n’y en avait aucun. Rahula frappa à nouveau la cloche le Bouddha demanda : «  Y-a-t-il un son ? » Tous répondirent positivement. Le Bouddha demanda alors à Ananda «  Que veut tu dires par son et absence de son ? »  Ananda et les autres répondirent qui lorsque la cloche était frappée, il y avait un son et lorsque le son et son écho cesse, c’était appelé absence de son.

Le Bouddha dit «  Pourquoi parle tu si légèrement ? «  Ananda et les autres demandèrent «  Pourquoi dites vous que nous parlons légèrement ? »  Le Bouddha répondit «  Lorsque je vous ai parlé de l’écoute vous m’avez parlé d’écoute, lorsque je vous ai parlé de son, vous avez parlé de son. Et vos réponses sur l’écoute et les sons étaient bien ambiguës : comment pourrait-elle ne pas être appelée légères »

« Ananda, lorsque tant le son que son échos cesse, tu parle de ne plus entendre, si cela avait été le cas, la nature (de l’ouïe) serait morte telle une bûche moisie, mais alors, lorsque la cloche est à nouveau frappée, comment se fait-il que tu l’entendes (à nouveau) ? L’existence et la non-existence ne concerne que le son, qui peut être ou ne pas être présent, mais comment la nature (de l’ouïe) poursuivrait tes propres discriminations jusqu’à exister ou pas (selon tes propres vues) ? Si (l’ouïe) avait vraiment cessée, qui savait qu’il y avait absence de son ? (cf. entre deux souffles, deux pensées)

«  De ce fait, Ananda, dans ton ouïe, le son peut exister ou ne pas exister mais cela ne signifie pas que le son, entendu ou pas, est la cause de l’existence ou de la non-existence de ton ouïe. Dans ton illusion, tu confonds le son avec ton ouïe et c’est pourquoi tu confonds le permanent et le transitoire. Tu ne devrais pas dire que l’ouïe n’a pas de nature alors qu’elle existe en dehors du mouvement, de l’immobilité, de l’obstruction et de l’ouverture. »

Par exemple, lorsqu’un homme dort bruyamment. Si des gens pilent du riz (expression traditionnelle chinoise, cf Huineng), il se pourrait qu’il entende le son d’un tambour ou celui d’une cloche. Ainsi en dormant, il trouvera probablement bizarre que la cloche sonne comme des battements de pièces de bois ou de pierre (à piler le riz), mais si il se réveille soudainement, et entend le pilon frappé, il pourra partager à sa famille l’erreur qu’il faisait pendant son sommeil.

Ananda, est-ce que cet homme se rappelle durant son sommeil de l’immobilité, du mouvement, de l’ouverture et de l’obstruction ? Bien que son corps soit au repos, la nature de son ouïe est présente.

«  Même lorsque ton corps péri et que ta vie s’en va, comment cette nature pourrait-elle disparaître ? Depuis des temps sans commencement les êtres vivants ont suivis les formes et ont poursuivis le flux de leur pensées sans s’éveiller à leur pure, profonde, et permanente nature. En s’éloignant de ce qui est permanent et en suivant la naissance et la mort, ils ont été contaminés par les souillures de nombreuses vies passées.

Si (seulement) vous vous écartiez du samsarique (du conditionné, du faux,) et résidiez dans la véritable permanence, votre Lumière éternelle,fondamentale, apparaîtra faisant disparaître simultanément vos organes des sens, les données des sens, la conscience et le ‘mental’. Les objets mentaux sont des poussières (polluantes) et les sentiments qui émergent ne sont que des impuretés ; si tout deux sont à distance, votre Oeil du Dharma apparaît instantanément, pur et lumineux.

Pourquoi, dans ce cas, ne pourrais-tu pas réaliser l’Éveil Suprême ? »

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