Instructions pour l’assise Zen: deux textes oubliés

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C’est avec plaisir que la Dharma Winds Zen Sangha/Ordre Zen de HsuYun (DWZS/OZHY) partage un livret au format pdf de deux textes, édités précédemment sur ce même site. Ceux-ci ont été augmenté d’une introduction informelle et d’une courte bibliographie.

Ces instructions pour l’assise Zen de Changlu Zongze et Foxin Bencai sont des joyaux que nous sommes fiers de partager à tous ceux qui peuvent les faire briller dans leur vie de pratique.

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Cliquez ICI pour accéder à la version pdf de ce livret plus agréable à lire sur papier et support numérique: Instructions classiques pour la Pratique de l’assise: deux textes oubliés.

Liturgie quotidienne – Version courte en Pdf

IMG_20160518_162855Notre Sangha a le plaisir de vous partager la version courte de notre liturgie quotidienne.

La structure simple de celle-ci est commune à pratiquement toute les écoles du Zen.

Celle-ci vient de sortir dans une nouvelle édition ebook plus soignée et plus lisible.

Cliquez ICI ou sur l’illustration pour accéder à cette nouvelle version de la liturgie plus agréable à lire sur papier et support numérique: Liturgie Quotidienne – Version Courte

 

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AMITUOFO !

AMITUOFO !

AMITUOFO !

Les essentiels de la pratique et de l’Illumination pour les débutants de Maître Hanshan

C’est avec plaisir que la Dharma Winds Zen Sangha/Ordre Zen de HsuYun (DWZS/OZHY) partage son humble traduction, à notre connaissance inédite en français, de ces essentiels de la pratique et de l’illumination pour les débutants du Très Vénérable Maître Hanshan Deqing (l’un des grands Lion-Éléphant du XVIIème siècle), spécialement honoré par notre lignée et grand exemple de vie de maître HsuYun.

Notez que ce texte est un préliminaire aux instructions de pratique publiées précédemment. Maître HsuYun repris cette structure en deux parties pour ces propres instructions. Sachons rester humble et ne pas négliger la discipline et la foi/confiance en notre nature bouddhique comme préliminaire à notre pratique du Zen.

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Les essentiels de la pratique et de l’illumination pour les débutants de Maître Hanshan


1. Comment pratiquer et atteindre l’illumination ?

Concernant les causes et les conditions nécessaires à la grande affaire de l’au-delà de la vie et de la mort, la nature de Bouddha est intrinsèquement présente en chacun, ainsi, tout est déjà complet en vous, rien ne manque dès l’origine. La difficulté est que depuis des temps immémoriaux les graines de passions et de pensées erronées, de conceptualisations émotionnelles et, nos tendances habituelles profondément enracinées ont obscurci cette merveilleuse luminosité en nous. Vous ne pouvez la réaliser authentiquement parce que vous vous êtes perdus dans des pensées erronées, d’un corps, d’un esprit, et d’un monde discriminant et jacassant sur ceci ou cela. Pour ces raisons, vous avez erré dans les cycles de la vie et de la mort. Pourtant, tous les Bouddhas et les Maîtres ancestraux sont apparus en ce monde usant d’innombrables mots par des moyens habiles pour exposer le Chan et clarifier la doctrine. S’adaptant et s’harmonisant aux dispositions des différents êtres sensibles,tous ces moyens habiles sont des outils, pour briser notre esprit d’appropriation et, réaliser qu’originellement les Dharmas sont sans substance ou impression d’un soi.
Ce qui est communément connu comme  »pratique » signifie simplement s’harmoniser avec l’état d’esprit dans lequel on est de manière à purifier l’esprit et, à se dessaisir ou abandonner et, à se dessaisir des pensées erronées et, des traces de nos tendances habituelles. S’y exercer avec effort est appelé  »pratique ». Si pendant un seul moment, les pensées erronées cessent subitement, vous percevrez complètement votre propre esprit et, réaliserez qu’il est vaste et ouvert, brillant et lumineux, intrinsèquement parfait et complet. Cet état étant originellement pure dès l’origine dépourvu de toutes choses, vaste et ouvert, est appelé illumination. En dehors de cet esprit que nous avons tous, il n’y a pas de choses telles que : contemplation, ou pratique ou même illumination. L’essence de l’esprit est tel un miroir, et toutes les traces de pensées erronées et de pensées s’accrochant aux conditions ne sont que les poussières souillées de l’esprit. Le concept d’apparence séparé sont cette poussière et votre conscience émotionnelle et, son aspect souillé. Toutes les pensées erronées se dissipent, l’essence intrinsèque se révélera. Tout comme lorsque les souillures sont polies, le miroir retrouve sa clarté originel. Il en va de même avec le Dharma.
Cependant, nos habitudes, nos souillures, et notre soi –  »appropriant » se sont accumulés depuis des éons et, sont devenus solides et fermement enracinés. Heureusement , à condition d’avoir les conseils d’un bon ami spirituel, notre prajna inhérente, peut influencer notre être de manière à ce que cette prajna inhérente, s’accroisse. Ayant réalisé que la prajna est inhérente à chaque être, nous pouvons développer la Boddhicitta ( l’esprit d’éveil ) et, développer une aspiration profonde à renoncer au cycle de la naissance et de la mort. La tâche de déraciner d’un coup les racines,de la naissance et de la mort, accumulée depuis d’innombrables éons, est une affaire délicate et subtile. Si vous n’êtes pas quelqu’un ayant une grande force, une grande habileté, quelqu’un d’assez courageux pour supporter une telle charge et, aller à la racine de cette grande affaire, sans aucunes hésitation, alors cette tâche primordiale sera extrêmement difficile à accomplir. Un ancien a dit :  » cette affaire de la naissance et de la mort, c’est comme une personne confrontée à dix mille ennemis ». Ces paroles ne sont pas mensonges , l’affaire est sérieuse.

2. L’entrée dans la pratique et l’illumination.

D’une manière générale, en ces temps,  »de fin de Dharma », il y a bien plus de gens qui pratiquent que de gens qui ont vraiment réalisés la Voie. Il y a plus de personnes qui gaspillent leurs efforts que de gens qui en tirent bénéfice. Pourquoi est-ce ainsi ? Ils n’exercent pas leurs efforts directement, ils ne connaissent pas le raccourci. Au lieu de cela, beaucoup de gens ne font que remplir leurs esprits avec des savoirs du passé basés sur ce qu’ils ont lu ou entendu, ou bien ils jugent les choses sur la base de leurs discriminations individuelles, ou bien, ils suppriment délibérément les pensées erronées, ou bien ils s’éblouissent  »des visions étonnantes » qui se dressent devant les portes de leurs sens. Ces gens résident  » dans les mots des anciens dans leurs têtes et les prennent pour vrai ». De plus, ils s’accrochent à ces mots comme étant les leurs. Ils ne savent pas qu’aucun de ces mots est un tant soit peu utile. C’est ce qui est appelé :  » s’accrocher à la compréhension des autres et obstruer notre propre entrée dans l’illumination  ».
Pour vous engager dans la pratique, vous devez d’abord rompre avec le savoir et la compréhension intellectuelle et, concentrer tous vos efforts en une pensée unique. Ayant la ferme conviction en votre esprit vrai et originellement pure et clair. Sans la moindre chose persistante – il est brillant et parfait et imprègne tout le Dharmadhatu. Intrinsèquement, il n’y a pas de corps, d’esprit ou de monde ; il n’y a pas non plus de
pensées erronées ou de conception émotionnelles. Juste en ce moment, cette unique pensée est elle même non née ! Toutes les choses qui se manifestent spontanément, sont illusoires et in-substantielles. Toutes sont des réflexions de l’esprit vrai. Pratiquer de manière à démanteler toutes pensées erronées. Vous devriez vous concentrez en l’esprit là où les pensées naissent et, où elles meurent. Si vous pratiquez ainsi, peu importe quel type de pensées erronées naissent en un instant, elles sont démantelées, elles sont mises en pièces. Elles se dissolvent et disparaissent. Vous ne devriez jamais suivre ou, alimenter les pensées erronées. Maître Yongjia déclare :  » il faut trancher l’esprit qui désire la continuité  ». Il en est ainsi parce que l’esprit illusoire est originellement  » sans racines  ». Vous ne devriez jamais prendre une pensée erronée comme étant réelle et essayer de la conserver dans vos cœurs. Dès qu’elle née, voyezla. Dès que vous l’aurez vu, elle disparaîtra. N’essayez jamais de supprimer les pensées, mais permettez aux pensées d’être simplement. Comme si vous regardiez une gourde  » çalbasse  » flotter sur l’eau.
Laissez de côté votre corps, votre esprit et le monde, produisez simplement cette seule pensée comme une épée transperçant le ciel. Si un Bouddha ou un Mara apparaît, découpez- le simplement comme un tas de soie enchevêtré. Usez de vos efforts et de votre force avec patiente pour pousser votre esprit jusqu’au bout, jusqu’à ses retranchements. Ce qui est connu comme  » un esprit qui maintient la pensée juste de l’ainsité vrai  » signifie qu’une pensée correcte est non-pensée. Si vous êtes capables de contempler le  » non-pensée  » vous cheminez déjà vers la sagesse des Bouddhas.
Ceux qui pratiquent et ont récemment généré la Boddhicitta ( l’esprit d’éveil ) devraient placer leurs convictions dans l’enseignement de  » l’esprit seulement  ». Le Bouddha a dit :  » les trois mondes sont esprit-seul et la myriade des dharmas n’est que conscience  ». Tout le Bouddhadharma n’est qu’exposition détaillé de ces deux lignes, ainsi tous devraient distinguer, comprendre et, générer de la foi  (confiance) en cette réalité. Les passages du sacré et du profane ne sont que des voies d’illusions et d’éveil en notre propre esprit. En dehors de l’esprit, tout karma de vertu et de vice ne peut être obtenu. Votre nature propre, est merveilleuse. C’est quelque chose de naturel et de spontané, pas quelque chose à laquelle on peut  »s’éveiller  » puisque nous la possédons naturellement . Puisqu’il en est ainsi, sur quoi pourrions nous,nous illusionner ? L’illusion fait seulement référence à notre inattention, à notre ignorance du fait que notre esprit ne possède intrinsèquement pas une seule chose, et du fait que le corps, l’esprit et le monde sont originellement vides.
Parce qu’il y a obstruction à ce qui est naturellement, alors il y a illusion. Vous avez toujours pris l’esprit des pensées illusoires, qui naissent et qui meurent constamment, comme étant réelles. Pour cette raison vous avez également pris les diverses transformations illusoires et, les apparences du monde des six objets des sens comme étant réelles. Si aujourd’hui vous voulez éveiller l’esprit et vous écartez des chemins erronés, pour prendre la route supérieur, alors vous devriez éliminer vos anciennes vues et compréhensions. Ici, pas un seul grain de connaissances intellectuelles ou de compréhension du mental ne seront utiles. Vous devez
simplement voir au travers du corps de l’esprit et du monde, qui vous apparaissent, et réaliser leurs in- substantialités. Tels des reflets imaginaires, qui sont pareils à des images dans un miroir ou le reflet de la lune sur l’eau. Entendez tous les sons, toutes les voix, comme le vent passant à travers la forêt, percevez les objets comme des nuages glissants à travers le ciel. Toute chose est dans un état de flux constant, toute chose est illusoire et in substantiel. Il n’y a pas que le monde extérieur qui soit ainsi mais vos propres pensées erronées, de discriminations émotionnelles venues du mental, toutes les graines de passions, vos tendances habituelles, ainsi que vos vexations, toutes ces choses sont sans fondement et sans substance.

Si vous voulez pratiquer la contemplation de cette manière, alors dès qu’une pensée surgit, vous devriez en trouver la source. Ne la laissez pas passer aléatoirement. N’en soyez pas déçu non plus ! Si vous pratiquez ainsi, au moins pratiquerez vous de manière correcte. N’essayez pas d’en construire une vue abstraite et intellectuelle ou de forger une compréhension intellectuelle de ces phénomènes. Bien que, même d’en parler comme d’une pratique est une dernière alternative. Par exemple, dans l’utilisation des armes, elles ne sont vraiment pas des objets hospicieux ! Mais elles sont utilisées comme les dernières alternatives possibles lors des batailles. Les anciens parlaient  » d’investiguer le Chan  » et de mettre le Huatou en avant. Cela aussi ce sont des  »alternatives finales  ». Même si il existe d’innombrables gong’ an ( koan), il n’y a quand usant le Huatou,  »qui est ce qui récite  » que l’on peut aisément extraire la force du gong’an dans les situations vexantes et difficiles du quotidien. Même si l’on peut recevoir aisément la force, ce Huatou n’est qu’une tuile cassée pour frapper à la porte de nos esprits. En temps voulu, il faudra s’en débarrasser. Mais il va falloir l’utiliser pour le moment. Si vous comptez faire du huatou votre pratique, il vous faudra avoir la foi, une fermeté sans faille et de la persévérance. Vous ne pouvez garder la moindre trace d’hésitation et d’incertitude. Vous ne pouvez pas décider d’une chose un jour et pour en changer le lendemain. Vous ne devriez pas avoir pour considération le faîte que vous n’atteindrez pas l’éveil ou le fait que le Huatou n’est pas suffisamment  » profond  ». Toutes les pensées ne sont qu’attachement. Je dois en parler pour que vous ne donniez pas naissance au doute et à la suspicion lorsque vous y serez confrontés. Si vous pouvez produire de la force à partir de votre énergie inhérente, le monde extérieur ne vous influencera pas. Cependant, intrinsèquement votre esprit pourra donner naissance à de nombreuses distractions , sans raison apparente. Par fois, le désir et la luxure s’éveillent, parfois la suractivité survient. De nombreux attachements pourraient naître en vous , et vous exténuez mentalement et physiquement. Vous ne saurez pas quoi faire. Ce sont toutes les  » tendances karmiques  » qui ont étaient stockées dans notre ultime conscience depuis d’innombrables éons. Aujourd’hui, de part votre pratique énergétique, elles se révéleront toutes. A ce moment critique, vous devez être capable de discerner, de voir à travers elles, et de les laissées passer. Ne vous laissez jamais contrôler ou manipuler par ces tendances karmiques, et surtout, ne les considérez jamais comme étant réelles. A ce moment vous devez  » rafraîchir votre esprit  » et accroître votre courage et votre attention pour faire coïncider les considérations existentielles en vous, et votre investigation du huatou. Fixez votre attention à l’endroit d’où naissent les pensées et demandez vous continuellement :  » originellement il n’y a rien au-dedans de moi, alors d’où viennent les difficultés ? Qu’est- ce ?  ». Vous devez être déterminés à connaître le fond de l’affaire . Insistant ainsi, tuant toutes les illusions qui naissent, sans laisser une seule trace jusqu’à ce que tout les démons et les esprits éclatent en sanglots. Si vous savez pratiquer comme cela, des bonnes nouvelles viendront à vous naturellement.
Si vous pouvez couper au travers d’une seule pensée, alors toutes pensées illusoires seront soudainement mises en pièces. Vous vous sentirez telle une fleur dans le ciel qui ne projette aucune ombre, ou tel un soleil brillant mettant en lumière sans limite, ou tel un étang limpide, transparent et clair. Après avoir expérimenté cela, il y aura un sentiment d’incommensurable lumière et d’aise, ainsi qu’une sensation de libération. C’est un signe pour les débutants du fait qu’ils produisent de la force provenant de la pratique. Il n’y a rien de merveilleux ou d’extraordinaire là-dedans. Ne vous en réjouissez pas, ne traînez pas dans cette expérience prenante. Si vous le faites,alors le Mara de la joie vous possédera ou vous aurez seulement gagnés ne nouvelle sorte d’obstruction mentale. Scellé dans votre conscience – réceptacle ( Alaya-Vinaya ) sont vos tendances habituelles ( habitudes ) et les graines de passions. Si votre pratique du Huatou ne fait pas effet, ou si vous êtes incapables de contempler et d’illuminer votre esprit, ou que vous n’arrivez simplement pas à vous appliquer à la pratique, alors vous devriez pratiquer les prosternations, lire les sutras ou vous engagez dans les pratiques de repentance. Aussi réciter des mantras pour recevoir le  » sceau secret  » directement des Bouddhas; cela allégera vos attachements. Il en est ainsi parce que tous les mantras secrets sont les Sceaux de l’Esprit de Diamant des Bouddhas. Lorsque vous les utilisez, c’est comme détenir un monde destructible Diamant- éclair (Vajra ) qui peut tout faire trembler.Tous ceux qui s’en approchent, seront réduits en poussière. L’essence de tous les enseignements ésotériques de tous les Bouddhas, et des Maîtres ancestraux, est contenu dans les mantras. Ainsi il est dit que  » tous les Tathagata des dix directions ont atteints l’insurpassable et parfaitement correct éveil au travers de tels mantras ». Bien que les Bouddhas aient exposé cela clairement,le lignage des Maîtres ancestraux, par peur que ces mots soient incompris, ont gardé ce savoir secret à ne pas utiliser ces méthodes. Quoi qu’il en soit, pour générer de la force à partir de la pratique des mantras, vous devez les pratiquer régulièrement pendant une longue période. Encore que, même comme ça , vous ne devriez jamais anticiper les effets ou rechercher de merveilleux résultats.

3.  Éveil-Compréhension/ Éveil-Actualisation

Il y a ceux qui s’éveillent d’abord puis qui s’engagent dans la pratique, et il y en a qui qui pratiquent d’abord puis s’éveillent. Il y a également une différence entre l’éveil-compréhension et l’éveil-actualisation.

L’éveil compréhension
Ceux qui ont une compréhension par la pensée de l’éveil après avoir entendu les enseignements oraux des Bouddhas ou des Maîtres ancestraux, atteignent l’éveil-compréhension. Dans la plus part des cas, ces personnes tombent dans le jeux des opinions et des savoirs. Confrontés à toutes les circonstances de la vie ils n’arriveront pas à utiliser ce qu’ils savent. Leurs esprits et les objets extérieurs sont en opposition. Il n’y a là, ni unité, ni harmonie. Donc, ils font sans cesse face à des obstacles. Ce qu’ils ont réalisé se nomme  » prajna  » en apparence et ne provient pas de la pratique authentique.

L’éveil-actualisation ou éveil actualisé
L’éveil-actualisation est le résultat d’une pratique sincère et solide, quand on arrive à une impasse où les montagnes sont arides et l’eau est épuisée. Soudainement une pensée cesse, et vous percevez parfaitement votre esprit. A ce moment- là, vous vous sentirez comme si vous aviez personnellement  » vu votre père et à la croisée des chemins  » – plus aucun doute ne subsiste! C’est comme si vous buviez l’eau vousmême ; que l’eau soit chaude ou froide, seul vous, le savez, et ce n’est pas quelque chose que vous pouvez d’écrire à d’autres. Telle est la vraie pratique et le vrai éveil. En ayant eu une telle expérience, vous êtes capables de l’intégrer à toutes les situations de la vie, et de purifier le karma déjà manifesté, le courant de votre conscience, vos pensées erronées et les fabrications émotionnelles jusqu’à ce que tout fusionne avec l’Unique Vrai Esprit. Cela est éveil-actualisation.
Cet état d’éveil-actualisé, peut être encore divisé en réalisations superficielles, et profondes. Si vous concentrez votre effort à la racine de votre existence, renversant le  » baril de laque noir et retournons instantanément l’entre de l’ignorance fondamentale, d’un bon, rentrez directement dans le royaume de l’éveil, alors vous n’aurez rien à apprendre de plus  » . Cela est appelé avoir des racines karmiques suprêmes. Votre
actualisation de l’éveil inhérent de l’esprit, sera en effet profond. Un autre côté pour ceux qui pratiquent et comprennent graduellement la profondeur de leur actualisation de l’éveil inhérent de l’esprit, sera superficiel.

La pire des choses, est de s’auto-satisfaire de quelques petites expériences spirituelles. Ne vous permettez jamais de tomber dans les expériences éblouissantes stimulantes qui naissent à nos portes sensorielles. Pourquoi ? Parce que votre huitième conscience n’a pas encore été écrasée, alors quoi que vous expérimentiez ou faites sera conditionné par vos consciences et vos sens erronés. Si vous pensez que cette conscience est réelle, alors vous confondez un voleur avec votre propre fils ! L’ancien à dit :  » ceux qui s’engagent dans la pratique, ne savent pas ce qui est réel, car jusque- là ils ont pris leur conscience comme étant réelle, ce que l’ imbécile prend pour son visage originel, est en fait la cause fondamentale de la naissance et de la mort  ». Telle la barrière à laquelle vous devez passer.

Ce qui est appelé  » éveil subit et pratique graduelle  », fait référence à quelqu’un qui est expérimenté  » éveil approfondi  », mais à qui il reste des tendances d’habitudes fortement ancrées qui n’ont pas été purifiées. Ces gens devraient inclure les principes qui leur viennent de l’éveil qu’ils ont réalisés pour faire face à toutes les circonstances de la vie, et mobiliser la force de leurs contemplations et, illuminations pour expérimenter pleinement leurs esprits, dans les situations difficiles. Quand une partie de l’expérience, qu’ils ont dans ces situations, s’accorde avec la voie, ils auront actualisé une portion du Dharmakaya. Lorsqu’ils dissolvent une partie de leurs pensées erronées, tel est le degré de manifestations de leurs sagesses fondamentales. Ce qui importe c’est de garder une continuité sans égale dans la pratique. Ainsi, il est bien plus effectif d’appliquer la pratique à de vraies situations de la vie.

Traduit de l’Anglais par Yao Xin Shakya et retranscrit par QianMen Shakya 

 

Instructions essentielles pour la pratique du Zen

C’est avec plaisir que la Dharma Winds Zen Sangha/Ordre Zen de HsuYun (DWZS/OZHY) partage son humble traduction, à notre connaissance inédite en français, de ces instructions essentielles pour la pratique du Zen du Vénérable maître Hanshan Deqing (l’un des grands Lion-Éléphant du XVIIème siècle) spécialement honoré par notre lignée et grand exemple de vie de maître HsuYun.IMG_20160506_154336

Instructions essentielles pour la pratique du Zen
Le lignage de la porte du Zen transmet le Sceau de l’Esprit du Bouddha. Originellement ce n’était pas une affaire complexe. Commençant avec la venue de Bodhidharma depuis l’Ouest, l’idée d’une transmission exclusive devînt un fait établi et les 4 fascicules du Sutra du Lanka ont été choisi comme sceau de l’esprit. Parce que le Zen est une transmission en dehors des écritures et que les enseignements portent une réalisation inhérente, on peut réussir à percevoir la voie non duelle des Boudhas et des Patriarches. Les méditations qui sont utilisées durant l’investigation (du Zen) proviennent des enseignements eux-mêmes.

Le Sutra du Lanka déclare : »assis calmement dans les montagnes et les forêts, à des niveaux supérieurs moyen ou inférieur de pratique, on est capable de percevoir le flux des pensées au sein de son propre esprit ». Telles sont les instructions de l’honoré du monde pour La maîtrise de la méditation. Il déclare également : »la conscience mentale est une manifestation de notre propre esprit. Les fausses marques laissées par les différents états, que l’on a l’habitude d’associer à notre nature propre, se manifestent comme l’océan de l’existence en ce monde de naissance et de mort. Ils naissent des actions karmique, du désir et de l’ignorance. Toutes ces causes devraient être transcendées au plus vite. Telles sont les claires instructions de l’honoré du monde dans le merveilleux principe de l’éveil de l’Esprit. Il déclare également : « tous les sages du passé ont transmis et reçu le fait que les pensées erronées sont sans nature propre ». Cela aussi est un clair enseignement du Sceau Secret de l’Esprit.

Ces enseignement précieux comme de l’or que les anciens ont transmis sur les points essentiels de la pratique de la contemplation du Zen ont continué à être transmis jusqu’à Bodhidharma qui enseigna au second patriarche lui disant: « vous n’avez besoin que de lâcher/exhaler toutes les conditions dans la sphère externe. L’esprit intérieur n’aura alors plus rien à faire rentrer dans la conscience. L’esprit devient alors tel un mur. Vous serez alors capable d’entrer dans la voie ». Tel fut le premier enseignement essentiel qu’employa Bodhidharma pour instruire les gens dans la manière de pratiquer le Zen.

Ainsi fut transmis jusqu’à l’époque de maître Hungjen. Le cinquième patriarche chercha alors un héritier dans le Dharma. Le sixième patriarche venait de proclamer sa réalisation dans la voie disant: « fondamentalement il n’y a rien à quoi s’attacher » et il reçu alors la robe et le bol.  C’était une claire indication du moyen juste de transmission du Sceau de l’Esprit.

Ensuite, le sixième patriarche retourna dans le sud et instruisit Daoming en ces termes: « sans pensée de bien, sans pensee de mal. Quelle est l’Essence  Originelle des anciens ? ». Ce fut le premier enseignement sur la pratique claire et directe de l’investigation du Zen.
À partir de ces exemples de la manière dont l’enseignement nous est arrivé, il faut comprendre que la seule intention du Bouddha et des patriarches était d’instruire dans la manière d’obtenir l’éveil complet à notre propre esprit et de reconnaître ainsi la vraie nature du Soi, et c’est tout! Il n’existait pas encore de discussion sur les Gongans et les Huatou. Pour ce qui est de HuiNeng, de Ching Ywan et de ceux qui ont suivis, ces patriarches s’harmonisaient aux situations pour donner des enseignements les plus appropriés possibles. Pour la plus grande part, ils menaient vers le doute, et une fois là, frappaient pour causer « un retournement » dans l’esprit de la personne, pour renverser la direction des pensées, et ensuite amené au Calme

Ensuite, il y a ceux pour qui la méthode n’est pas appropriée, ainsi même si on les frappait avec un marteau ou des sandales, on n’aurait d’autre choix que d’adapter nos enseignements aux réalité des étudiants.

À l’époque de Huangpo, les premiers enseignements pressant les gens à investiguer le Huatou commencèrent. Telle était la pratique jusqu’a maître Dahui qui s’engagea fortement dans la promotion du Gongan pour aider ses étudiants. On appelait cette technique Huatou (source du mot ). Il était demandé aux pratiquants de s’engager intensément dans la pratique, de s’y immerger.

Pourquoi? Cela a été fait avec l’idée qu’en chaque pensée les graines de toutes les actions démoniaques présentent depuis d’incalculables kalpas, pénètrent dans le champ de la huitième conscience. Le flux est continuel avec pour résultat le fait que les pensées erronées ne sont pas coupées et qu’il n’y a rien que la plupart des gens puissent y faire. Alors, Huangpo prenait une phrase de quelques mots, sans forcément de sens en soi, et les donnait et ses étudiants pour qu’ils les remachent et s’y accrochent.

Anciennement, l’idée était de mettre de subitement fin à toutes les pensées erronées de notre esprit, internes et externes. Mais parce que les étudiants n’étaient plus capables d’y mettre fin, il enseigna à la manière de garder le Huatou. Alors, comme on coupe les fils de soie qui dépassent du tissu, d’un seul coup, ils pouvaient tout couper. Il coupait la conscience intellectuelle jusqu’à ce qu’elle ne soit plus active. C’est exactement le même principe que la méthode de Bodhidharma « relâcher toutes les conditions dans la sphère  extérieure, l’esprit n’aura alors plus rien à inhaler. L’esprit sera alors comme un mur.”

Si on échoue à pratiquer de cette manière, on arrivera certainement pas percevoir notre Nature Originelle. L’intention première n’est pas de vous enseigner comment débattre le sens de la phrase du Gongan. Le pratiquant devrait développer un sentiment de doute, et l’investiguer comme moyen de réalisation de sa Vraie Nature. C’est exactement comme les enseignements de Dahui qui enseigna exclusivement l’investigation du Huatou comme un stratagème mortel par lequel il cherchait à engager le pratiquant dans une attaque assassine contre l’esprit, c’est aussi simple que cela. Voici un exemple, il dit un jour à l’Assemblée « lorsque l’on s’engage dans l’investigation du Zen, il faut vider l’esprit, et prendre les mots de naissance et mort et se les garder précieusement en tête. Vous voudriez agir comme si vous possédiez 10000 fil de sapeques. Dans les 3 temps de la journée et les 3 temps de la nuit, en buvant votre thé ou en mangeant votre repas, en marchant ou en étant debout, en étant assis ou couché, portant un toast avec des amis, dans les moments calmes les moments agités, garder toujours le Huatou « est-ce que les chiens ont la nature de Bouddha? Zaozhou répondit non ,Wu ». (le Huatou Wu).

Vous devriez être pleinement investis, investiguant dans une direction ou dans l’autre, ainsi « quand le goût (du  Samadhi) vient à manquer », c’est comme courir droit dans un mur. lorsque l’on réalise la source ou toutes choses se rassemblent, nous sommes comme la souris affolée qui se précipite dans la corne de bœuf, sa route est barrée! Sa route est barrée! L’intention est que vous réussissez à engendrer une seule entité corps-esprit durable et qui s’étend en tous lieux, avec laquelle porter un combat qui aura pour résultat que, soudainement, la Fleur de l’Esprit engendrera une luminosité qui brillera dans les 10 direction. Subitement, vous atteindrez le fond des choses.

Les enseignements ci-dessus sont comme la panoplie de marteau et de sandale couramment employé par le vieux maître Dahui. Son intention était seulement que vous gardiez le Huatou et que vous l’utilisiez pour bloquer et couper les pensées erronées générées  par nos facultés mentales, avec pour résultat que le flux des pensées ne sera plus actif. Ce n’est qu’à ce moment, quand elle n’est plus active, que l’on peut réussir à réaliser sa Nature Originelle.

Le but n’est pas d’instruire le pratiquant dans la manière de porter une pensée discriminante sur le sens du Gongan. Vous devriez employer le sentiment de doute comme un moyen pour rechercher la réalisation. Cela pourrait-il s’obtenir de quelqu’un d’autre que vous?

Les enseignements comme ceux présentés ci-dessus ont été apportées par tous les bouddhas et les patriarches avec l’intention de vous amener à investiguer en vous-même et vous réfréner de toute saisie ou de prendre pour acquis les réalisations ésotériques et les phrases merveilleuses des autres. Pour ce qui est des gens d’aujourd’hui, tous parlent du fait d’investiguer le Huatou est de générer le sentiment de doute, mais ne réalisent pas le fond même des choses. Ils se préoccupent seulement de savoir quel niveau de pratique du Huatou ils ont atteints.

Ils recherchent l’Entrée de sorte que visualisant soudainement une scène pleine de lumière, ils déclarent alors qu’ils sont éveillés. Ils se mettent alors à parler en vers et présentent un poème de réalisation comme s’ils étaient devenus spéciaux. Ils pensent alors qu’ils ont réussi à gagner la pleine compréhension. ils sont complètement inconscient du fait qu’ils sont entièrement tombés dans le filet de la connaissance et de la vision basé sur les pensées erronées. Si l’on pratique l’investigation du Zen de cette manière n’est-ce pas comme frapper dans les yeux toutes les futures générations (se mentir et tromper les autres ).

Les pratiquants d’aujourd’hui n’ont pas encore commencé à chauffer leur coussin, qu’ils proclament déjà s’etre éveillés à la Voie. Ils ne se reposent que sur leur paroles, ils commencent alors à canaliser des esprits et des fantômes, ils tombent dans les combats rhétorique, et ils inventent  quelques phrases faites de mots imbéciles et de discours confus qui sont en fait sans fondement. Ils proclament alors que ce sont des odes/chants des anciens. Alors que ce ne sont en fait que des choses nées de leur pensées erronées. d’ailleurs avez-vous déjà vu l’un de ses anciens, ne serait-ce qu’en rêve?

S’il est aussi facile de s’eveiller à la Voie que le clament ces gens d’aujourd’hui, alors considérons l’intégrité dans la pratique des anciens, comme Chang Ching qui vint à bout de 7 coussins ou de Zhaozou qui pendant 30 ans insista sur la concentration de l’esprit, ces anciens devait vraiment avoir des capacités médiocre (ironie ). Ils ne pourraient même pas faire les lacets des sandales de nos contemporains! Quand des gens d’une telle arrogance clament s’être pleinement réalisé, alors qu’ils n’ont pas encore eu de réalisation profonde, ne pouvons-nous pas en être consterné?

L’investigation du Zen, où l’on explore le Huatou et génère le sentiment du doute, ne connait absolument aucun raccourci. Comme il est dit: « Petit doute Petit illumination-Grand doute grande illumination -en refrainant le doute on ne s’illumine pas du tout « . Il est essentiel de devenir compétent dans l’usage du sentiment de doute. Si l’on arrive à réaliser une percée dans le sentiment de doute, alors il est possible, d’un seul coup, d’attacher tous les bouddhas et les bodhisattvas ensemble par le nez.

Il est seulement nécessaire lorsque l’on pratique le Huatou, d’investiguer simplement celui qui est attentif (au Bouddha ). On n’est pas supposé entretenir de doute sur la personne du Bouddha. S’il s’agissait d’entretenir le doute sur la personne du bouddha, il suffisait d’entendre que : »Amituécriraito signifie lumière infinie ». Après une phrase comme celle-là, on s’illuminerait et puis on éc quelques vers sur cette lumière infinie. Si il suffisait de cela pour se dire illuminé à la voie, alors les êtres à l’esprit éveillé serait aussi nombreux que les graines de sésame et grains de riz! Quelle tristesse! Quelle tristesse!

Les anciens ont parlé du Huatou comme d’une tuile pour frapper aux portes (un simple moyen habile). Si l’on arrive à faire ouvrir la porte en frappant, alors on est censé rentrer dans la pièce. On n’est pas supposé attendre bêtement devant la porte. Ainsi on peut dire que lorsque l’on use du Huatou pour générer le doute, le doute n’est pas diriger vers le Huatou. Il doit au contraire être dirigé vers la racine (de la grande affaire ).

Un jour Jya Shan alla visiter un maître qui lui dit  « j’ai tendu le filet de 1000 pieds. L’esprit réside dans une piscine, à 3 doigts de l’hameçon. Pourquoi ne réponds-tu pas ? »

Lorsque Shan commença à ouvrir la bouche pour répondre, le maître le  poussa dans l’eau avec sa rame. Lorsque Shan remonta dans le bateau , Le maître revint à la charge : »parle parle! « . Shan était sur le point de parler lorsqu’un nouveau coup le frappa. Shan expérimenta alors un grand réveil et acquiesça en secouant la tête trois fois.

le maître dit alors « la ligne de ma canne à pêche a réussi à t’avoir. Sans avoir a avaler la pureté, telle des vagues, ton esprit réside naturellement dans l’évidence”. Si le disciple ne s’était pas investi avec l’hameçon et la ligne, comment le maître, même au péril de sa vie et avec toute sa bonne volonté, aurait-il pu réussir à l’attraper ?

Voilà qui démontre la tranchante facilité avec laquelle les anciens poursuivaient habilement le but de révéler le Coeur-Esprit. Dans le passé, quand la voie du Zen fleurissait, il y avait des conseillers aux yeux clairs (Bodhidharma) partout, et de nombreux hommes portaient les robes rapiécé pour poursuivre leurs investigation du Zen dans le pays. Partout où ils allaient, le Zen fleurissait.

On pourrait faire l’affirmation suivante  : « aujourd’hui il n’y a soit plus de pratique du Zen, soit plus de maîtres disponibles ». La Maison du Zen à été silencieuse et désertée depuis longtemps maintenant. Il est très heureux dans ces conditions que beaucoup aient décidé de commencer à chercher. Bien qu’il existe encore quelques sages conseillers, parfois en prenant la mesure des candidats, ceux qui n’ont qu’un talent limité sont autorisé à rentrer à de hautes fonctions et à transmettre le Sceau de la Réalisation. Les étudiants à l’esprit superficiel ont alors le sentiment qu’ils ont réellement acquis quelques réalisations.

De plus, ils n’ont pas de foi dans les enseignements sacrés de l’ainsi-venu et ne recherche pas l’origine de la Voie Véritable. Ils s’inquiètent uniquement de leurs petites affaires et prennent leur petites considérations pour la vraie formule (méthode). Agir ainsi c’est non seulement se tromper soi-même mais aussi tromper les autres. Ne peut-on en être courroucé? Que dire de plus, prenez en exemple le laic ZaiGuan, un ancien qui transcrivit le recueil de la transmission de la lampe. Il y avait donc des gens de bien parmi eux, mais bien peu. Aujourd’hui, il y a des gens qui sont immergé dans les objets des sens et qui n’arrivent pas à garder les préceptes les plus élémentaires. Ils sont tellement émerger dans les pensées erronées, tellement embrouillées, qu’ils s’appuient sur leur propre vision limitée, sur leur analyse des cas des anciens et de ceux de leur lignage, et ils s’imaginent les comprendre en regardant de haut les anciens aux facultés supérieurs. Dès qu’ils croisent un membre du Sangha, ils le submergent de questions, s’engagent dans des débats sans fin et agissent ensuite comme si eux même avaient réalisé la voie. Je partage ces faits en cet âge de corruption, pour le bien de mes propres disciples car nous sommes dans une situation où un homme aveugle guide une foule d’aveugles, c’est ainsi.

Ce vieil homme que je suis a exposé  maintenant avec foi les points essentiels pour la veritable et correcte pratique méditative des Bouddha et des patriarches. Tous peuvent en juger. Ceux qui ont bien compris pourraient trouver par eux-mêmes les moyens de se corriger.

Le Chant de l’Esprit (Xin Ming) de Niutou Farong

C’est avec plaisir que la Dharma Winds Zen Sangha/Ordre Zen de HsuYun (DWZS/OZHY) partage son humble traduction, à notre connaissance inédite en français, de ce Chant de l’Esprit du Vénérable fondateur de la lignée Zen(Chan) de NiuTou (Tête de Buffle). Bien que parfois classé parmi le Zen non-orthodoxe (particulièrement dans les traditions du Zen japonais), ce chant d’illumination demeure fort estimé et lu par de nombreux pratiquants.

Rappelons que maître Niutou Farong était un héritier direct du quatrième patriarche DaoXin et que la lignée de Niutou, très liée au bouddhisme du mont Tientai, n’a pas survécu comme école indépendante.

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Le chant de l’Esprit

(Xin Ming) du Vénérable maître NiuTou Farong (VIIème siècle)


La nature de l’Esprit ne vient de nulle part
A quoi bon connaissance et idées ?
originellement, pas une seule vérité
alors, pourquoi parler de pratique ?

Allées et venues sans fin,
chercher sans trouver ,
autant ne rien faire .
alors, la paix étincelante ?

La passé est espace vide.
La connaissance est la perte du principe.
Diffuse ta lumière sur le monde.
Éveillé et pourtant obscur.

Si la dynamique du sans esprit est obstruée,
on manque la vérité.
Les choses viennent puis se résorbent,
a quoi bon l’introspection ?

Lorsque toute émergence est libre,
les choses sont l’éveil même.
Pour purifier l’Esprit
encore faudrait-il le trouver.

A travers le temps et l’espace, pas d’éveil.
C’est la grande profondeur.
La connaissance est inconnaissance
La connaissance saisit l’essentiel.

Utiliser l’Esprit pour apaiser l’Esprit
est le plus grand des égarements
dans l’oubli de la naissance et de la mort
émerge la nature originelle.

Le principe absolu ne peut être expliqué,
il n’est ni lié ni libéré.
Frémissant et accordé au monde,
Sa présence crève les yeux.
Lorsqu’il n’y a pas d’objet face à vous,
Dans ce rien, la totalité des mondes !
Ne l’examinez pas à l’aide de la sagesse
car sa substance même est obscure et vide.

Les pensées surgissent et disparaissent,
celle qui précède est identique à celle qui suit.
Lorsque celle qui suit ne s’élève pas,
la pensée qui précède s’évanouit.

Présent, passé, futur, il n’y a rien.
Pas de conscience, pas de Bouddha.
Les êtres libérés, l’Esprit ouvert
se manifestent à partir de cette liberté.

Ils distinguent alors profane et sacré,
leur confusion fleurit
coupant les cheveux en quatre, ils dévient.
A chercher la vérité, tu quittes la Voie.

La guérison consiste à rejeter profane et sacré.
Alors, pure clarté étincelante.
Aucun besoin d’habileté et de travail,
agis comme un enfant.

Dans cette vivacité,
connaissance silencieuse,
tranquillité dégagée de vues
dans l’obscurité de ta demeure.

Vif et sans errance
L’esprit est silencieux et paisible,
tous les phénomènes réels et éternels,
ont jaillis d’une grande profusion non différenciée.

Allant et venant, assis, debout,
sans attaches,
n’affirmant aucune direction,
peut-il encore y avoir naissance et mort ?

Il n’y a plus ni unité, ni dispersion,
lenteur ou rapidité.
Tranquillité et lumière sont naturelles
et ne peuvent être expliquées.

l’Esprit est authentique.
Plus besoin de mettre fin au désir,
la nature étant spatiale
laisse l’Esprit aller où elle veut.

Ni limpide, ni nimbée,
ni profonde, ni superficielle,
dès l’origine cela échappait au temps
et cela n’a pas de futur.

Alors, insoumis,
c’est l’Esprit originel
qui originellement n’est pas,
car l’origine est à cet instant même.

L’éveil a toujours existé,
pas besoin de le préserver.
Les tourments n’ont jamais existé
Pas besoin de les éliminer.

L’intuition s’illumine d’elle-même
toutes les vérités ne sont que cela,
il n’y a ni retour ni don,
arrête la contemplation, oublie de retenir.

Permanence, félicité, pureté et ego ne surgissent pas.
Le corps essentiel, le corps de félicité, le corps de transformation
sont là depuis toujours.
Les six organes des sens touchent leur royaumes.
La discrimination n’est pas la connaissance.

Dans l’Esprit focalisé, nulle distraction
Les myriades de conditions s’harmonisent,
l’Esprit et la nature originelle se fondent,
unis mais sans dépendance.

Sans produire quoi que ce soit, accordé aux phénomènes,
goûte partout la tranquillité
l’éveil vient de l’absence d’éveil
ainsi éveille-toi au non-éveil !

Quant au gain et à la perte
pourquoi les qualifier ?
tout ce qui est vivant
a toujours été présent.

Sache que l’Esprit est absence de conscience
la maladie passée, plus de remède.
Lorsque tu es confus, libère-toi.
Éveillé, tout est comme avant.

Dès l’origine, il n’y a rien à obtenir.
A quoi bon se détacher du monde ?
Lorsque quelqu’un prétend voir des démons,
On peut toujours parler de vide, il les voit quand même !

Ne détruit pas les émotions des êtres,
enseigne-leur simplement à dissoudre l’intention.
Lorsque l’intention disparaît, l’esprit est aboli.

Lorsque l’Esprit est abolie, tout est non-agir.

A quoi bon confirmer l’espace ?
Naturellement, la clarté est établie.

Ayant complètement éteint naissance et mort,
L’esprit profond s’installe dans le principe,
ouvrant les yeux et voyant les formes,
l’Esprit est accordé au monde.

A l’intérieur de l’Esprit, pas de mondes.
A l’intérieur des mondes, pas de conscience.
Mais si tu utilises l’Esprit pour abolir le monde
Tous deux seront perturbés.

l’Esprit paisible et le monde tel qu’il est :
rien à saisir ni à abandonner.
Le monde s’effondre dans l’Esprit,
l’Esprit se dissout dans le monde.

Quand ni l’un ni l’autre n’apparaît,
il y a tranquillité et clarté sans limite.
Le reflet de l’éveil paraît
sur les eaux éternelles de l’esprit.

Naturellement simple de cœur et d’esprit
sans s’établir dans le proche ou le lointain,
indifférent à la faveur ou à la disgrâce,
tu ne choisis pas ta demeure.

Tous les liens s’estompent soudainement,
L’oubli s’installe,
Le jour éternel bascule dans la nuit,
la nuit éternelle se fond dans la clarté.

Extérieurement non conventionnels,
Intérieurement spacieux et authentiques,
ceux qui ne sont pas perturbés par le monde
sont établis dans la grandeur et la stabilité.

Dépourvus de toute vue, même celle d’être né,
dans la présence et sans notions,
pénétrant tout chose,
infiltrant la totalité depuis toujours.

Penser mène au manque de clarté.
Cela noie et trouble le corps.
Utiliser l’Esprit pour arrêter l’activité
la rend encore plus capricieuse.

Les dix mille vérités sont partout
Mais il n’y a qu’une voie d’accès,
elle n’entre ni ne sort,
au-delà de la quiétude et de l’agitation.

La pénétration des auditeurs et des éveillés pour soi
Ne peut l’expliquer.
En fait, il n’y a pas un seul objet à saisir.
Seule existe la sagesse merveilleuse.

Ton visage originel est illimité.
L’esprit ne peut le saisir.
L’éveillé authentique ne connaît pas l’éveil.
Le vide n’est pas vide.

Tous les bouddhas du passé, du présent et de l’avenir
Chevauchent ce principe essentiel.
La pointe d’un cheveu
Contient la totalité des mondes.

Ne t’attache à rien,
Laisse ta conscience libre,
Ne la fixe nulle part
et sa clarté spatiale émerge spontanément.

Paisible, sans produire de dualité,
Libéré dans l’espace-temps illimité,
Ton action ne laisse aucune trace,
Aller ou venir ne fait aucune différence.

Le soleil de la connaissance est paisible,
La lumière du Samadhi étincelante.
Illuminant ce jardin sans forme
Brillant sur la cité du Nirvana.

Dans l’Un , plus de relation à l’objet.
l’Esprit est investie et installée dans la substance.
Sans te lever de ton siège,
Tu te reposes paisiblement dans une salle vide.
Prendre du plaisir au Tao est apaisant.
Libre de vagabonder, détendu au sein de la réalité,
Sans agir et sans atteindre quoi que ce soit,
Sans dépendre de rien, tu te manifestes naturellement.

La conduite et les états d’esprit illimités
Sont tous sur la même voie,
Si tu ne les scindes pas par l’Esprit,
Toute chose demeure dans l’indifférencié.

Sachant que le né et le non-né sont un,
L’éternité apparaît.
Le sage accède à l’ultime
Sans le secours du verbe

Histoires Zen de Ming Zhen 01

Une de nos enseignantes principale, la vénérable nonne MingZhen Shakya/Shih, a compilé 40 histoires simples qui mettent merveilleusement en lumière la beauté du Zen dans notre quotidien. Ces histoires populaires, ces « koans pour les humbles », sont des histoires morales, des paraboles, typique de la manière humble d’enseigner des grands maîtres du Zen chinois (Chan). En effet,  maître Hsu Yun lui même aimait évoquer ce type d’histoires, ainsi que les koans classiques d’ailleurs, comme autant de paraboles des anciens à partager simplement et avec le sourire.

 

Grâce au travail de QianXin, sous la direction de Shih YaoXin, la DWZS/OZHY est heureuse de vous partager la première de ces paraboles classiques. Nous espérons vous en partager l’essence, soit les 10 premières.

 

Histoires Zen de Ming Zhen 01:

Le philosophe roi

Traduction de QianXin

sous la direction de YaoXin Shih

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Souvent, nous entendons parler des agnostiques et des athées et de toutes sortes de gens qui doutent de la puissance de l’amour du Bouddha. Cet amour, et nous pouvons l’appeler amour divin si nous voulons vraiment n’existe que si nous ouvrons notre cœur à lui.

Il y a une vieille histoire zen que je voudrais vous raconter.

Une fois il y avait un royaume qui a été gouverné par un homme qui pensait qu’il était un grand, philosophe. Il avait étudié tous les grands esprits et il avait abouti à la conclusion que la religion était un non-sens … non-sens inacceptable. Il y avait, a-t ’il déclaré, rien de tel que le paradis ou l’enfer. Ce roi s’en tenait si fort à ce sujet qu’il en a fait sa doctrine : de la loi de la terre. Depuis ce jour, il a décrété qu’il était contre la loi de parler du ciel et de l’enfer. Ce fut un crime passible de mort. Personne ne pouvait plus jamais parler de ces choses dans son royaume.

Un jour, il est arrivé qu’un saint homme a voyagé dans le domaine du roi. Il se tenait sur un coin de rue et a prêché à propos du ciel et de l’enfer. Quelqu’un lui cria: «Ami! Soyez tranquille! Si le garde du palais vous entendre parler comme ça, vous serez traîné devant les tribunaux et puni! “

Mais le saint homme a juste souri et a continué à parler au sujet du ciel et de l’enfer. Et dès que les gardes en ont entendu parler, le saint homme a été traîné devant le roi.

“Comment osez-vous prêcher à propos du ciel et de l’enfer, un sujet que j’ai interdit?” le roi demanda au saint homme.

“Pensez-vous que je discute de la philosophie avec un bouffon comme vous?” le saint homme répondit. Personne n’a jamais osé parler au roi de telle manière. Aussitôt le roi se leva, criant à ses gardes, “Saisissez-le! Et tuez-le !”

Le saint homme leva la main et dit: «Sire! S’il vous plaît! Ecoutez-moi un instant. Vous êtes furieux. Votre esprit brûle de haine. Votre visage est rouge et le sang en trace la course de colère. Votre cœur brûle avec fureur … avec la fureur de tuer. En ce moment vous êtes en enfer!”

Le roi s’arrêta et resta immobile, frappé par ce que le saint homme avait dit. Et oui, c’était vrai … il était furieux … son visage était rouge et son sang en a tracé la course … et son esprit et cœur étaient furieux …brûlant de haine. Et soudain, il a mis ses mains sur son visage et s’asseyait à nouveau sur son trône. Il a réalisé que l’enfer n’était pas un endroit où le corps brûle, mais où l’esprit est brûlé. Et puis, avec les larmes dans ses yeux, il regarda le saint homme et dit: «Penser que vous avez risqué votre vie pour me enseigner cette vérité grande …. Oh, Maître. Pouvez-vous me pardonner? “

Et le saint homme dit: «Et, Sire, il y a aussi un paradis … et maintenant vous-y êtes.”

Instructions pour l’assise de Maître Foxin Bencai

C’est avec un grand plaisir que la Dharma Winds Zen Sangha/Ordre Zen de HsuYun (DWZS/OZHY) partage son humble traduction de ces instructions pour l’assise du grand maître FoXin BenCai. Bien que moins central dans notre pratique que celui publié précédemment, il reste néanmoins très direct et utile pour le pratiquant sérieux.

Puissions nous tous en profiter sur le chemin de l’illumination résidant ici même.

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佛心本才 Foxin Bencai (d.u.)

坐禪儀 Zuochan yi

Instructions pour l’assise méditative (Zuochan Yi)

 

Pendant Zuochan (la méditation assise), gardez un coeur pur et un esprit droit et vrai. Purifiez le soi et videz le coeur. Vous asseyant les jambes croisées, regardez et écoutez intérieurement; éveillé et plein d’une claire attention, vous serez en permanence protégé de la torpeur et de l’agitation. Si quelque chose émerge dans l’esprit, faite de votre mieux pour « le chasser ».

Lorsque votre concentration est calme et sereine, examinez (l’intérieur) avec une « attention vraie ». « Ce qui sait » l’être et le non-être, le centre et les extrêmes (les extrémités), l’intérieur et l’extérieur, cela est l’Esprit. Cet esprit est vide et peut pourtant tout percevoir, silencieux et pourtant attentif. Rond et brillant, parfaitement clair, cela ne peut tomber dans les notions anihilation ou d’éternité. « L’Attention Spirituelle » est  radieusement brillante, ses vues ne sont pas fausses.

Aujourd’hui, on voit des étudiants (de la voie) qui s’asseyent avec vigueur mais ne s’illumine pas (à la nature de l’esprit). Leur problèmes provient de leur dépendance dans les concepts, et de leurs sentiments qui les mènent sans-cesse vers des faux-semblants (plutôt que vers le réel). Dans leur confusion, ils tournent le dos à « la vraie racine (base) de l’esprit et s’adonnent erronément au « quiétisme » ou à « l’activisme » (reste coincé dans les idées d’immobilités ou de mouvements, manquants dés lors la racine). C’est pourquoi ils n’arrivent pas à atteindre l’Illumination.Si vous concentrez, et clarifiez, votre esprit de manière à vous harmoniser intimement avec l’incréé (la nature incréée et toujours « vivante et fraîche » de l’esprit, cad celui qui sait), le miroir de la connaissance sera purifié (nettoyé) et la fleur de l’esprit ( le germe inné de la bouddhéité) fleurira soudainement. Les attachements infinies aux conceptions erronées disparaîtront directement d’eux-mêmes, et l’ignorance accumulées pendant des éons s’ouvrira d’elle-meme instantanément.

(S’illuminer à la nature de l’esprit et pénétrer la racine )C’est comme oublier, puis se rappeler soudainement, comme être malade et recouvrer la santé d’un coup. Une grande joie nait intérieurement, et l’on sait que l’on va devenir Bouddha (en cette vie). Alors, l’on sait qu’il n’y a pas de bouddha en dehors de l’esprit.

Après cela (l’expérience de la pénétration de la nature de l’esprit), augmentez votre pratique, en accord avec l’illumination (que vous avez vécue) expérimentant la réalisation par la pratique. La source de la réalisation de l’illumination est « l’identité »(de la nature) de l’esprit, Bouddha, et les êtres sensibles. Cela est appelé « absorption » dans la compréhension unifiée et dans l’action unifiée (cad en unité avec toutes choses). Cela est également appelé  » la voie sans efforts ».

A présent, vous pensez retourner les choses (vers l’intérieur) sans etre aliéné par les sens ou les objets. Prenant ce qui vient (devant le miroir de l’esprit), vous alternez entre sujet et objet (sans s’y attaché). L’oeil de l’Univers est (vaste) et clair, le présent et le passé sont renouvelés. La capacité spirituelle de la « perception directe » est naturellement atteinte. C’est pourquoi Vimalakirti dit: » vivre une vie active sans émerger de l’absorption dans l’extinction, cela est appelé « sereine assise » (assise calme) ».

Ainsi, nous devrions savoir que « la lune apparait quand l’eau est calme », « l’éclat est complet quand le miroir est propre/pur ». Pour les gens qui étudient la voie, il est essentiel de s’asseoir et de méditer. Autrement, vous tournerez en rond pour l’éternité.

Bien que cela tout cela puisse paraitre déplaisant, je ne peux rester silencieux. J’ai écris ces quelques généralités pour aider les gens à trouver la « Vraie Source ». Si vous ne négligez pas la pratique, vous atteindrez la même réalisation.

Traduction libre par le révérend YaoXin Shakya, ZBOHY, d’après la traduction anglaise de Thomas Cleary et des commentaires personnels transmis pendant l’étude de la Voie

Instructions classiques pour la pratique de l’assise méditative

C’est avec plaisir que la « DharmaWindsZenSangha/Ordre Zen de Hsu Yun » (DWZS/OZHY) partage sa traduction française de ce manuel classique de méditation qui est vénéré comme le premier manuel Zen de méditation assise et l’ancêtre de tous les zuochanyi/zazengi.

Les mains jointes _/\_

Shi Yao Xin

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Zuo-Chan-Yi – 坐禅仪

Instructions (pour la pratique) du ZuoChan (méditation assise)

Changlu Zongze

D’après le Chan Yun Qing Gui (Règles de la pureté pour les monastères Chan)

 

Celui qui veut être un bodhisattva doit comprendre que la Grande Compassion est le pré-requis au développement de la Grande Sagesse. De Grand Voeux doivent être pris pour cultiver l’état de Samadhi. Tous les êtres doivent être sauvés et l’égoïsme doit être évité. Ne soyez pas attachés aux images extérieurs, et abandonnez l’implication dans la multitude des événements extérieurs. Harmonisez Corps et Esprit pour qu’ils “ne fasse qu’Un”, et expérimentez la non-dualité entre “mouvement et immobilité”.

Régulez vos prises de nourriture et d’eau – ni trop ni trop peu. Harmonisez les besoins de sommeil – ni trop ni trop peu de temps.

Pour méditer avec efficience, trouvez un endroit calme et asseyez-vous sur une natte épaisse. Libérez ensuite ceinture et vêtements. Adoptez une attitude pleine d’équanimité envers toute chose et croisés les jambes dans la posture du “Lotus”. D’abord, placez le pied droit sur le dessus de la jambe gauche, ensuite placez votre pied gauche sur le dessus de la jambe droite, les plantes des pieds vers le haut. Cependant, la posture du “demi-Lotus”peut aussi être adopté, la jambe gauche est placée sur la jambe droite – le pied gauche déposé sur le dessus de la jambe droite.

Ensuite, sur le pied gauche, placez la main droite (paume vers le haut). Déposez la main gauche (paume vers le haut) sur la paume de la main droite, et “permettez” aux pouces de se toucher. Calmement, tenez vous droit et, avec douceur, laisser le torse se gonfler lors de l’inspiration – ensuite, procédez à l’expiration, balançant simultanément le corps de gauche à droite. Garder le corps droit afin d’obtenir la posture correcte. Ne penchez ni à gauche ni à droite, ni en avant ni en arrière. Maintenez votre bassin, votre dos, votre nuque et votre tête alignés tel un Stupa, et n’ériger pas votre corps exagérément (vers le haut, afin d’éviter de se cambrer et de provoquer des tensions), cela vous évitera de cultiver un souffle court et perturbé. Les yeux doivent être allignés sur les épaules, le nez avec le nombril. La langue devrait toucher le palais, les lèvres et les dents closes. Les yeux devraient être maintenus légérement ouverts pour se garder du relachement (somnolences). Méditez de cette permet l’obtention d’un Samadhi “puissant”. Dans les temps anciens, les moines éminents qui étudiaient la méditation s’assirent de cette manière, les yeux (légèrement) ouverts. Plus récemment, le Maitre Chan FaYan YunTong critiqua sévèrement ceux qui méditaient avec les yeux fermés, les accusants de “résider dans la Noire Grotte de l’Esprit de la Montagne” (cad: l’image de la vacuité, qui n’est qu’une fonction de Notre Nature, pas sa liberté vaste et non-conditionnée!). Ceci à un sens profond pour ceux qui pratiquent cette méthode de méditation et ont pénétré sa sagesse.

Lorsque la pratique et le souffle ont été régulés, relaxez votre abdomen, l’inspiration et l’expiration devraient être harmonisé, de manière à distribuer le Chi (Force Vitale) uniformément (dans le corps). Toutes les tensions provenant du haut du corps, et de la zone du nombril,  doivent être relâchée.

Ne nourrissez pas les pensées, bonnes ou mauvaises. Lorsque une pensée survient – soyez en conscient – l’attention dissout les pensées. Lorsque l’on persiste dans la pratique de la méthode, toutes les pensées sont dissoutes, naturellement, l’Unité est atteinte. Tel est l’art essentiel du Zuochan (de la méditation assise).

A mon humble avis, la pratique du ZuoChan est la “Grand Porte du Dharma de la Joie et de l’Aisance”. Certains pratiquants développent de l’animosité pour cette méthode et deviennent malades – parce qu’ils ne suivent pas les instructions et ne pratiquent donc pas la méthode correctement. Dans un tel cas, l’Esprit est mobilisé pour une cause non-vertueuse.

Cependant, si la vertue est cultivée, et cette méthode pleinement comprise, alors le corps se transforme, au fur et à mesure que les quatre Grands Éléments (du Bouddhisme: Terre, Eau, Feu, Air) sont expérimentés avec une attitude de légèreté (contenue/intérieure). Notre Nature Profonde sera alors ouvertement apparente, évidente. Les pensées seront, alors, claires et correctes. Le “goût du Dharma” supporte la Nature Profonde (cad: La Nature profonde repose sur le goût/intuition juste provenant de l’harmonie avec le Dharma) – et cela crée une expérience qui est de nature calme, paisible et pure. Celui qui pénètre cette Vérité est tel un dragon pénétrant les eaux, ou un tigre s’en retournant dans la montagne.

La méthode correcte (de l’Esprit) ne requiert pas d’efforts particuliers, lorsque la pratique pure est établie, puisqu’elle détient une puissance inhérente (auto-contenue) – tel les vents soufflant sur les flammes, qui nourriront ceux-ci (cfr: chi interne).

En progressant vers des niveaux supérieurs d’attention (lorsque la pratique devient plus sérieuse), les démons peuvent être nombreux, causant de nombreuses expériences, tant agréables que désagréables. Cependant, si l’Esprit est gardé “droit et pur” – ces démons ne feront aucune mal.

Des textes comme le Shurangama Sutra, la Concentration et Observation du Tientai (ZhiGuan), Les règles pour la pratique de la réalisation de Guifeng Zongmi (XiuZheng Yi), expliquent clairement comment ces démons (de l’esprit) pourrait-être rencontrés, et comment le pratiquant peut se préparer par avance – ainsi, la familiarité de ses textes assure qu’il n’y ait pas de problèmes avec ces sujets.

En sortant de l’état de Samadhi (un mental/esprit profond et non-perturbé), restez très calme et ne bougez pas le corps avec précipitation – un état de sérénité devraient être maintenu lors de la transition d’un état à un autre. Lorsque la pratique de la l’assise formelle (meditation assise) est achevée, il est important de conserver le pouvoir du Samadhi (dans le quotidien), au travers des moyens (-habiles) appropriés. Protéger la “force du Samadhi” (feu intérieur/gongfu/aspiration à la pratique/ Esprit d’éveil) devrait être une tâche sérieuse – comme celle de protéger la vie d’un bébé. De cette manière, la “force du Samadhi” continuera à se développer aisément.

Cultiver le Chan (la méditation) et réaliser le Samadhi est l’Enseignement Essentiel! Si le Chan n’est pas pratiqué, et perfectionné au travers de la réalisation d’un “esprit serein et profond” (Dhyana), alors il y aura un manque complet de compréhension et de direction (dans la pratique, des objectifs clairs).

Ainsi, la Perle (de la Sagesse, Notre Vrai Nature) est trouvée lorsque l’Eau (l’esprit) est sereine et pure – si l’Eau est perturbée, la Perle ne peut être trouvée. Lorsque l’esprit est installé, naturel, il est pur et clair (comme de l’eau non-perturbée) – dans cette “Grande Clarté” la “Perle de l’Esprit” se manifeste naturellement. Ainsi, le Sutra de l’Illumination Totale dit: “Une pure et claire Sagesse (qui pénètre en tous lieux sans se tâcher), naît de la pratique de la méditation”. Le Sutra du Lotus dit: “En un endroit calme, il pratique la méditation en domptant son esprit. Il s’assied immobile comme le Mont Sumeru”.

La capacité de transcender, et d’aller au dela, les états ordinaires et saints (relatifs et absolus) dépend entièrement de la pratique du Dhyana. La capacité à “abandonner le corps dans l’assise” et à “fuir la vie en restant debout » dépend entièrement de la “Force du Samadhi” (développée par le pratiquant). Même une vie entière dédiée aux pratiques méditatives pourraient ne pas être suffisante. Ceux qui ne s’engage pas pleinement dans cette pratique ne peuvent surpasser les habitudes du Karma. Pour cette raison, un ancien a dit: “ Si la force du Samadhi n’est pas présente, cela est comme se recroqueviller à la Porte de la Mort. Fermant les yeux après n’avoir rien accompli (en cette vie) résulte en d’infinis vagues d’existences (trompeuses) illusoires”.

La “Fortune” et l’amitié nous a rassemblé dans l’étude du Chan. Ce texte devrait être lu encore et encore, afin que son sens profond soit affiné (et finalement, compris). Ceci bénéficiera tant aux autres qu’à nous, en conséquence, tous les êtres seront sauvés!

Traduction libre par Shi YaoXin, ZBOHY-zatma.org, DWZS/OZHY, d’après les traductions anglaises de Carl Bielefeldt, Thomas Cleary, Hakuun Barnhard et des commentaires personnels transmis pendant l’étude de la Voie.

Chant de l’Empreinte du Coeur

En ce jour, nous commémorons l’Illumination du Bouddha Shakyamuni*.

Puissent tous les êtres dédier leurs efforts à la découverte de leur Vrai Nature !

Pour commémorer ce jour de fête, nous partageons une nouvelle traduction française d’un poème du fondateur de notre lignée, héritier des 5 écoles du Zen chinois (Chan), le Grand Maitre Hsu Yun.

Buddha

Chant de l’Empreintedu Coeur
Du Vénérable Grand Maître Hsu Yun / Nuage-Vide (DaShi Deqing Yangche)

 

Voici une vérité exquise:
« Les Saints et les gens ordinaires sont identiques depuis l’origine. »
Quoiqu’il existe une différence entre eux:
« On n’ emprunte pas du fil lorsque l’on possède une corde solide. »

Chaque Dharma est révélé dans le Coeur/Esprit.
Après la pluie, les couleurs de la montagne s’ intensifient.

Lorsque vous serez familier avec la forme que prend l’illusion du destin,
Votre encrier contiendra toute vie et mort.

Traduction libre de Shi Yao Xin

*: Notre Sangha a adopté le calendrier bouddhiste solaire (comme les bouddhistes du Japon et de Corée). Nous respectons et chérissons l’utilisation du calendrier lunaire chinois traditionnel mais avons pris le parti du calendrier solaire en vue d’adapter au mieux notre pratique à notre contexte occidental.