La robe de moine de Hanshan Deqing

C’est avec plaisir de la Dharma Winds Zen Sangha / Ordre Zen de Hsu Yun DWSZ/OZHY partage sa traduction de ce poème peut connu de maître Hanshan Deqing.

Ce poème sur la robe est vraiment à l’image du maître lui-même: le poème est très complet puisqu’il dispose d’un commentaire et de poèmes corollaires. Il reste pourtant d’une simplicité franche et directe, le maître ne faisant pas abstraction de la part mondaine de la vie. Ce mélange détonant de la  manifestation profonde de la  Réalité Principielle au-delà des mots et des manifestations les plus concrètes de notre matérialité physique est une attachante et rafraîchissante lecture pour nous tous!

Sachons nous inspirer du grand maître afin de manifester la plus Profonde Réalité en notre quotidien le plus intime et mondain!

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La robe de moine

Poème et commentaire de maître Hanshan Deqing

Tu me recouvre et te façonne pour mieux m’aller,

Renfermant mon Cœur/Esprit.

Je ne veux pas m’en échapper.

A l’intérieur de toi, j’ai tout ce qu’il me faut.

 

Sais-tu à quel point tu es belle ?

Tes bords gracieux flottent dans la brise,

Tels les ailes du cygne sauvage.

Et lorsque je te laisse pendre librement,

Et que le vent qui vient s’engouffre en toi,

Tu es un nuage flottant,

Qui me rapproche du ciel des dragons.


En toi, je suis libre.

Je peux gravir de hautes montagnes et me reposer à leur sommet.

La soie me fuirait. Pas toi.
Tu me dis : Reste, installe-toi en ta demeure !
Tel un refuge de chaleur dans une tempête de neige.  

Cette Montagne Stupide se ballade,

Jouant le clown, le fou du village.

Et s’assoie ici seul, contenter par la solitude, en une paix parfaite.

Je ne suis qu’un simplet.

Commentaire du poème par maître Hanshan :

C’est ainsi! Et ce fut une réalisation pour moi !

Soudain, l’envie d’uriner.

Et là, regardant le flot de mon urine s’écouler,

Tout s’arrêta.

Expérimentant ce moment comme éternel,

Je vis avec mon Œil Bouddhique.

À présent, je savais.

Rien n’est né et rien ne peut n’être.

Tout EST.

J’ai écrit ces quelques lignes pour commémorer l’évènement :

 

« Naissance et mort ». « Nuit et Jour ».

De l’eau courante, de l’eau stagnante.

Un bouton et une fleur fanée.

Puis-je réaliser le moment où ils se transforment,

De l’un à l’autre ?
Mes narines peuvent-elles se tourner vers le haut ou mes yeux se voir eux-mêmes ?

 

A ce moment ma compréhension du Zen s’est approfondie. Tous mes doutes se sont évanouis et  mon esprit était merveilleusement clair. Alors, dans les dernières lueurs de cette grande lumière qui illumina ma vie j’écris ces quelques lignes :

Lorsque l’esprit ne cesse de tourner,

Comment notre vision pourrait-elle être claire ?

Lorsque l’esprit s’arrête, même un instant,

Tout apparait d’une clarté transparente.

L’esprit agité est comme une brique que l’on polit.

 

Dans le silence/l’immobilité trouvez le miroir !

 

Tiré de l’autobiographie de maître Hanshan Deqing traduite vers l’anglais par la révérente nonne Ming Zhen Shakya, une version française de l’ensemble devra être disponible fin 2017.

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