Livret: 10 Histoires Zen de Ming Zhen

La Dharma Winds Zen Sangha / Ordre Bouddhiste Zen de Hsu Yun est fière de vous présenter la première édition bêta du livret des « 10 histoires Zen de Ming Zhen Shakya » auquel nous avons travaillé cette année.

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Nous remercions le Bonze novice Shen Hai (QianXin) pour son travail durant cette année.

Nous remercions également l’auteur, notre regretté enseignante, pour ces ‘histoires pour les simples’ qu’elle aimait tant.

Retrouvez le livret: « 10 histoires Zen de Ming Zhen shakya » en cliquant ici

Shi Yao Xin

Amituofo!

Amituofo!

Amituofo!

Son d’une seule main et Voix de GuanYin/Kannon

cropped-img_20150409_124358_1.jpgUn ami de notre sangha, révérend moine de l’ecole Rinzai (Linji), me partageait ce matin deux citations du grand maître et réformateur Rinzai: Hakuin Ekaku.

Ce dernier a, entre autre, institué la quintuple division des koans telle qu’elle existe aujourd’hui dans l’école japonaise. Cette division est bien étrangère à notre tradition du Zen Chinois (Chan) et ne se comprend que dans un contexte donné.

Par contre, Hakuin est également à l’origine d’un changement qui nous concerne au plus au point. En effet, le grand maitre modifia le koan initiatique, principal, de son école. Il préféra faire travailler ses étudiants sur son fameux koan «le son d’une seule main» plutôt que sur le traditionnel «Mu de Zaozhou/Joshu» qui débute le WuMenGuan/MumonKan et est bien souvent le début du travail sur le koan (sur le Huatou/Wato dans notre tradition).

La pratique du « retournement de l’Ouie sur elle-même », « Écoute du Son du Silence », appelée également Porte de GuanYin/Kannon dans le Sutra Shurangama, et que notre regrettée Enseignante Ming Zhen appelait populairement le « Zen de l’oreille», est précisément appelé par certains maitres chinois contemporains: «Zen de l’Écoute du Son d’une seule main».

Se pourrait-il que le maitre Rinzai du XVIIeme siècle ait fondé sa réforme et son enseignement sur cette pratique de l’écoute de la «Voix de GuanYin/Kannon» comme le koan du «son d’une seule main» le laisserait penser? Chacun jugera selon son coeur.

En tous les cas, voici deux courts extraits de commentaires sur le koan du «Son d’une seule main» par maître Hakuin lui-même, nos remerciements au révérend Hozan!

«Kannon signifie observer les sons. C’est le son d’une seule main. Si vous pénétrez/comprenez ce point vous serez éveillés. Lorsque vos yeux voient, le monde entier est Kannon

«Lorsque vous entendrez par vous même la voix d’une seule main, quoi que vous fassiez, que ce soit apprécier votre riz ou boire une tasse de thé, tous cela sera le samadhi du vivre avec l’Un, en accord avec l’esprit des Bouddhas.»

Chant de l’Esprit de Maitre Niutou Farong

C’est avec plaisir que la Dharma Winds Zen Sangha (DWZS/OZHY) vous présente sa traduction d’un chant d’illumination de Niutou Farong, la tête de buffle, un disciple de maitre DaoXin le 4ème Patriarche qui nous a laissé un chant d’illumination ayant énormèment influencé ses contemporains.

Comme nos autres traductions, il s’agit ici d’une « traduction méditée », fruit de la pratique et de la lecture méditée de nombreuses versions du texte.

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Chant de l’Esprit (Hsin Ming)

Vénérable maître NiuTou Farong (VIIème siècle)

La nature de l’Esprit ne vient de nulle part
A quoi bon connaissance et idées ?
originellement, pas une seule vérité
alors, pourquoi parler de pratique ?

Allées et venues sans fin,
chercher sans trouver ,
autant ne rien faire .
alors, la paix étincelante ?

La passé est espace vide.
La connaissance est la perte du principe.
Diffuse ta lumière sur le monde.
Éveillé et pourtant obscur.

Si la dynamique du sans esprit est obstruée,
on manque la vérité.
Les choses viennent puis se résorbent,
a quoi bon l’introspection ?

Lorsque toute émergence est libre,
les choses sont l’éveil même.
Pour purifier l’Esprit
encore faudrait-il le trouver.

A travers le temps et l’espace, pas d’éveil.
C’est la grande profondeur.
La connaissance est inconnaissance
La connaissance saisit l’essentiel.

Utiliser l’Esprit pour apaiser l’Esprit
est le plus grand des égarements
dans l’oubli de la naissance et de la mort
émerge la nature originelle.

Le principe absolu ne peut être expliqué,
il n’est ni lié ni libéré.
Frémissant et accordé au monde,
Sa présence crève les yeux.
Lorsqu’il n’y a pas d’objet face à vous,
Dans ce rien, la totalité des mondes !
Ne l’examinez pas à l’aide de la sagesse
car sa substance même est obscure et vide.

Les pensées surgissent et disparaissent,
celle qui précède est identique à celle qui suit.
Lorsque celle qui suit ne s’élève pas,
la pensée qui précède s’évanouit.

Présent, passé, futur, il n’y a rien.
Pas de conscience, pas de Bouddha.
Les êtres libérés, l’Esprit ouvert
se manifestent à partir de cette liberté.

Ils distinguent alors profane et sacré,
leur confusion fleurit
coupant les cheveux en quatre, ils dévient.
A chercher la vérité, tu quittes la Voie.

La guérison consiste à rejeter profane et sacré.
Alors, pure clarté étincelante.
Aucun besoin d’habileté et de travail,
agis comme un enfant.

Dans cette vivacité,
connaissance silencieuse,
tranquillité dégagée de vues
dans l’obscurité de ta demeure.

Vif et sans errance
L’esprit est silencieux et paisible,
tous les phénomènes réels et éternels,
ont jaillis d’une grande profusion non différenciée.

Allant et venant, assis, debout,
sans attaches,
n’affirmant aucune direction,
peut-il encore y avoir naissance et mort ?

Il n’y a plus ni unité, ni dispersion,
lenteur ou rapidité.
Tranquillité et lumière sont naturelles
et ne peuvent être expliquées.

l’Esprit est authentique.
Plus besoin de mettre fin au désir,
la nature étant spatiale
laisse l’Esprit aller où elle veut.

Ni limpide, ni nimbée,
ni profonde, ni superficielle,
dès l’origine cela échappait au temps
et cela n’a pas de futur.

Alors, insoumis,
c’est l’Esprit originel
qui originellement n’est pas,
car l’origine est à cet instant même.

L’éveil a toujours existé,
pas besoin de le préserver.
Les tourments n’ont jamais existé
Pas besoin de les éliminer.

L’intuition s’illumine d’elle-même
toutes les vérités ne sont que cela,
il n’y a ni retour ni don,
arrête la contemplation, oublie de retenir.

Permanence, félicité, pureté et ego ne surgissent pas.
Le corps essentiel, le corps de félicité, le corps de transformation
sont là depuis toujours.
Les six organes des sens touchent leur royaumes.
La discrimination n’est pas la connaissance.

Dans l’Esprit focalisé, nulle distraction
Les myriades de conditions s’harmonisent,
l’Esprit et la nature originelle se fondent,
unis mais sans dépendance.

Sans produire quoi que ce soit, accordé aux phénomènes,
goûte partout la tranquillité
l’éveil vient de l’absence d’éveil
ainsi éveille-toi au non-éveil !

Quant au gain et à la perte
pourquoi les qualifier ?
tout ce qui est vivant
a toujours été présent.

Sache que l’Esprit est absence de conscience
la maladie passée, plus de remède.
Lorsque tu es confus, libère-toi.
Éveillé, tout est comme avant.

Dès l’origine, il n’y a rien à obtenir.
A quoi bon se détacher du monde ?
Lorsque quelqu’un prétend voir des démons,
On peut toujours parler de vide, il les voit quand même !

Ne détruit pas les émotions des êtres,
enseigne-leur simplement à dissoudre l’intention.
Lorsque l’intention disparaît, l’esprit est aboli.

Lorsque l’Esprit est abolie, tout est non-agir.

A quoi bon confirmer l’espace ?
Naturellement, la clarté est établie.

Ayant complètement éteint naissance et mort,
L’esprit profond s’installe dans le principe,
ouvrant les yeux et voyant les formes,
l’Esprit est accordé au monde.

A l’intérieur de l’Esprit, pas de mondes.
A l’intérieur des mondes, pas de conscience.
Mais si tu utilises l’Esprit pour abolir le monde
Tous deux seront perturbés.

l’Esprit paisible et le monde tel qu’il est :
rien à saisir ni à abandonner.
Le monde s’effondre dans l’Esprit,
l’Esprit se dissout dans le monde.

Quand ni l’un ni l’autre n’apparaît,
il y a tranquillité et clarté sans limite.
Le reflet de l’éveil paraît
sur les eaux éternelles de l’esprit.

Naturellement simple de cœur et d’esprit
sans s’établir dans le proche ou le lointain,
indifférent à la faveur ou à la disgrâce,
tu ne choisis pas ta demeure.

Tous les liens s’estompent soudainement,
L’oubli s’installe,
Le jour éternel bascule dans la nuit,
la nuit éternelle se fond dans la clarté.

Extérieurement non conventionnels,
Intérieurement spacieux et authentiques,
ceux qui ne sont pas perturbés par le monde
sont établis dans la grandeur et la stabilité.

Dépourvus de toute vue, même celle d’être né,
dans la présence et sans notions,
pénétrant tout chose,
infiltrant la totalité depuis toujours.

Penser mène au manque de clarté.
Cela noie et trouble le corps.
Utiliser l’Esprit pour arrêter l’activité
la rend encore plus capricieuse.

Les dix mille vérités sont partout
Mais il n’y a qu’une voie d’accès,
elle n’entre ni ne sort,
au-delà de la quiétude et de l’agitation.

La pénétration des auditeurs et des éveillés pour soi
Ne peut l’expliquer.
En fait, il n’y a pas un seul objet à saisir.
Seule existe la sagesse merveilleuse.

Ton visage originel est illimité.
L’esprit ne peut le saisir.
L’éveillé authentique ne connaît pas l’éveil.
Le vide n’est pas vide.

Tous les bouddhas du passé, du présent et de l’avenir
Chevauchent ce principe essentiel.
La pointe d’un cheveu
Contient la totalité des mondes.

Ne t’attache à rien,
Laisse ta conscience libre,
Ne la fixe nulle part
et sa clarté spatiale émerge spontanément.

Paisible, sans produire de dualité,
Libéré dans l’espace-temps illimité,
Ton action ne laisse aucune trace,
Aller ou venir ne fait aucune différence.

Le soleil de la connaissance est paisible,
La lumière du Samadhi étincelante.
Illuminant ce jardin sans forme
Brillant sur la cité du Nirvana.

Dans l’Un , plus de relation à l’objet.
l’Esprit est investie et installée dans la substance.
Sans te lever de ton siège,
Tu te reposes paisiblement dans une salle vide.
Prendre du plaisir au Tao est apaisant.
Libre de vagabonder, détendu au sein de la réalité,
Sans agir et sans atteindre quoi que ce soit,
Sans dépendre de rien, tu te manifestes naturellement.

La conduite et les états d’esprit illimités
Sont tous sur la même voie,
Si tu ne les scindes pas par l’Esprit,
Toute chose demeure dans l’indifférencié.

Sachant que le né et le non-né sont un,
L’éternité apparaît.
Le sage accède à l’ultime
Sans le secours du verbe

Journée de Pratique – Nirvana du Bouddha

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Journée de Pratique – Nirvana du Bouddha

Afin de commémorer le Nirvana Final du Bouddha Shakyamuni, nous organisons une après-midi de pratique.

Rejoignez-nous ce samedi 18 février de 12h30 à 17h30.

Nous débuterons par une petite liturgie (Cliquez-ici pour obtenir la liturgie de la journée).

Chaque période d’assise et de marche méditative durera 25min afin que tous puisse partager ce temps avec nous

Pour nous rejoindre suivez ce lien vers l’événement Google+, la pratique en elle-même sera partagée via le service Google Hangout: https://plus.google.com/u/0/events/cd6snchtpsvp4pavtb5b4a5dtmc?authkey=CPazk7-R-qeNSA depuis l’ermitage de Shi YaoXin (Ermitage Zen Vents du Dharma (Dharma Winds Zen Hermitage), à Namur, Belgique.

Amituofo ! Amituofo ! Amituofo !

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Song of Open Doors to Dharma Winds – Chant de la Porte Ouverte aux Vents du Dharma

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Song of

Open Door to Dharma Winds

Heaven, earth, sun, moon, mountains, rivers, this vast world are in truth the Great Kasaya of the Buddha.

Every day, however, you enter through the six doors, seeking what has never left you. Stop losing your precious life!

On the pathless Zen path, keep faith in your Buddhist Nature, harmonize with the masters, their teachings and their methods. At every moment, investigate Zen. At every moment, look with sincerity deep inside of What Is, without adding anything. Just View, Just Action. Naturally, Manifest your Universal Nature.

Wherever you are, when your mind is confused, shines the flame of Attention! By the attention to the breath, by the recitation of a sacred formula or by the practice of Mu, enter the Inner Silence.

Established in Concentration, turn the Light of Attention back inward. At this very moment, who is attentive to the breath? Who recites the sacred formula? Where is Mu? Sincerely observe the root of what is born and what dies, without attaching to birth and death.

Established in Union, Concentration and Observation in harmony, All sounds are the Subtle Breath! All sounds are sacred formulas! All sounds are Mu! In the letting go, the voice of KuanYin / Kannon resonates everywhere.

The True Door has no door. Here, neither mundane nor sacred, just the authentic person. Samadhi Without-Traces is free of shapes and space, within shape and space … The Cosmic Breath.

So go, without traces, and let your True Nature manifest itself in you, through you, around you.

Amituofo! Amituofo! Amituofo!

Shi YaoXin

Ps: A Cloud Gate, a stupid mountain, an empty cloud, a waking cloister, a wonder and a shining pearl have manifested, manifested themselves and will manifest themselves – beyond time and space – for us share the path of Samadhi Without-Traces

Edit: English version from the Google Translation service

Chant de la

Porte Ouverte aux Vents du Dharma

Ciel, terre, soleil, lune, montagnes, rivières, ce vaste monde est en vérité le Grand Kasaya du Bouddha.

Chaque jours pourtant tu t’engouffres par les six portes, cherchant ce qui ne t’as jamais quitté. Cesse de perdre ainsi ta précieuse vie !

Sur le chemin sans sentiers du Zen, garde foi en ta Nature Bouddhique, harmonise-toi avec les maîtres, leurs enseignements et leurs méthodes. À chaque instants, investigue le Zen. À chaque instants, regarde avec sincérité au plus profond de Ce Qui Est, sans rien ajouter. Vue Juste, Action Juste. Naturellement, Manifeste ta Nature Universelle.

Où que tu sois, lorsque ton esprit est confus, fait briller la flamme de l’Attention ! Par l’Attention au souffle, par la récitation d’une formule sacrée ou par la pratique de Mu, rentre dans le Silence Intérieur.

Établi dans la Concentration, retourne la lumière de l’Attention vers l’intérieur. A cet instant précis, Qui est attentif au souffle ? Qui récite la formule sacrée ? Ou est Mu ? Observe sincèrement la racine de ce qui naît et de ce qui meurt, sans t’attacher à la naissance ni à la mort.

Établi dans l’Union, Concentration et Observation en harmonie, Tous les sons sont le Souffle Subtil ! Tous les sons sont des formules sacrées!Tous les sons sont Mu! Dans le lâcher-prise, la voix de GuanYin/Kannon résonne en tous lieux.

La Véritable Porte est dépourvue de porte. Ici-même, ni mondain, ni sacré, simplement la personne authentique. Le Samadhi Sans-Traces est libre de formes et d’espace, au sein de la forme et de l’espace… Le Souffle Cosmique.

Alors va, sans-traces, et laisse ta Véritable Nature se manifester en toi, par toi, autour de toi.

Amituofo !

Amituofo !

Amituofo !

Shi YaoXin

Ps: Une Porte des Nuages, une montagne stupide, un nuage vide, un cloitre d’éveillés, une merveille  et une perle brillante se sont manifestés, se manifestent et se manifesteront – au-delà du temps et de l’espace – pour nous partager la Voie du Samadhi Sans-Traces.

Histoire Zen de Ming Zhen 10

img_20170129_112948Histoire # 10

La mort et les graines de moutarde

Chers amis,

Lorsque quelqu’un meurt, nous nous attendons souvent à ce que les bouddhistes nous parlent de réincarnation et de ce que les morts deviendront dans une prochaine vie.

Le Zen adopte une vision plus pragmatique de la mort.

En Inde, le Bouddha voyageait de ville en ville pour délivrer ses enseignements du Dharma. Beaucoup venaient de loin pour en entendre parler. Souvent, ils demandaient conseil, et le Bouddha leur répondait avec bonté.

Une jeune mère, nommée Kisa Gotami, était seule à la maison pendant que son mari voyageait en campagne pour son travail. Elle était une jeune fille inexpérimentée et vivait trop loin de sa propre mère pour obtenir des conseils chaque fois qu’elle en avait besoin.

Une nuit, son enfant est devenu malade, et la mère a fait tout ce qu’elle savait faire pour aider mais le nourrisson décéda. Elle ne pouvait pas croire que l’enfant était mort et continua pendant plusieurs jours à bercer le bébé dans ses bras et lui chanter des comptines, espérant que le petit finirait par répondre.

Un voisin eu pitié d’elle et lui suggéra d’emmener le bébé au Bouddha, qui était en prêche à proximité. «Si quelqu’un dans ce monde peut aider votre enfant, c’est bien lui» dit le voisin.

Et Kisa alla au Bouddha, portant son enfant dans ses bras.

«Voulez-vous guérir mon bébé?» Demanda-t-elle au Bouddha. «Il dort et il ne parvient pas à se réveiller. »

Le Bouddha comprit le problème. Kisa ne pouvait accepter la mort. Mais il lui dit: «Oui, je peux vous aider à une condition: vous devez trouver en ce village une maison et demander au propriétaire de vous donner quelques graines de moutardes afin que je puisse faire une potion pour le petit. Simplement : la maison d’où proviendront les graines de moutarde ne doit jamais avoir connu la mort. « 

– J’y vais tout de suite, dit-elle, et je trouverai vite une telle maison.

Elle alla à la première maison et demanda au propriétaire s’il lui donnerait des graines de moutarde. Ces graines étaient communes et bon marché et le propriétaire n’a pas hésité à accepter de lui en donner une poignée.

«Il n’y a qu’une chose, dit Kisa, personne ne doit jamais être mort dans cette maison.

« Oh, dit le propriétaire, » alors je ne peux pas vous aider. Ma chère femme est morte dans son lit il y a un an. »

Kisa est alla dans une autre maison, et bien que le propriétaire ait été heureux de lui donner les graines, il devait admettre que son propre père était mort là plus tôt dans l’année.

Kisa allait d’une maison à l’autre et bientôt elle avait visité toutes les maisons de la ville.

Elle comprit, retourna au Bouddha et accepta avec tristesse d’enterrer son enfant.

Traduction par le moine QianXin, édition par Shi YaoXin

Trésors du Shurangama: L’Ouïe n’est pas le Son

La Dharma Winds Zen Sangha (DWZS/OZHY) a le plaisir de vous partager un nouvel extrait du Sutra Shurangama en traduction, en vue de la future publication d’un livret pour ce printemps 2017.

Comme pour nos autres livrets, il s’agit d’une « traduction méditée » à partir de notre pratique, des enseignements reçus et de toutes les traductions existantes en langues occidentales. Tous comme les livrets et traductions précédentes, ce texte est partager dans une version non définitive afin de profiter à tous les pratiquants sincères.

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L’Ouïe n’est pas le Son

(Instructions principales pour l’étude de l’esprit Un)

 

Ananda dit « Honoré du Monde, bien que le Tathagata ait enseigné le deuxième facteur décisif (dans le développement de l’esprit), je pense que si l’homme qui est doué pour dénouer des nœuds ne sait pas comment ils se sont noués, il ne pourra pas les dénouer. Dans cette assemblée, moi et ceux qui avons besoins d’instructions sommes dans le même cas. Depuis des temps sans commencements nous, et notre illusion, avons tous deux été sujets à la naissance et à la mort, et bien que nous ayons cultivé les bonnes qualités qui nous ont permis d’augmenter notre sagesse par l’écoute, c’est pourquoi nous sommes appelées ceux qui ont quitté la maison (bonze) , nous sommes comme une personne souffrant de malaria qui revient de temps en temps  (infecté le patient). Aurez-vous pitié de nous, allez-vous nous sauvez de la noyade ? Allez)vous nous dire lequel de notre corps ou de notre esprit est noué et comment dénouer de manière à ce que tous les êtres en souffrances échappent au samsara et évitent de tomber dans les trois royaumes de l’existence ? »

Après avoir dit cela, lui et toute l’Assemblée se prosterna et pleurèrent des larmes amères et attendirent une suprême révélation de la part du Bouddha.

Le Bouddha eut pitié d’Ananda et de l’Assemblée et de tous les futurs êtres sensibles qui doivent encore besoin de d’étudier et de s’instruire. Pour leur permettre de planter la cause de leur futur manifestation dans le monde (comme enseignants) et devenir ainsi l’oeil de la sagesse pour guider les futures générations. Il étendit sa main qui brilla d’une lumière dorée et la posa sur la tête d’Ananda (pour le réconforter).

A ce moment là;n toutes les Terres de Bouddhas dans les dix directions tremblèrent six fois et tous les Tathagatas, aussi nombreux que les grains de poussières, rayonnèrent du sommet de leurs crânes des rayons de lumière qui atteignirent le Parc de Jetta et illuminèrent la tête du Bouddha. L’assemblée n’avaient jamais vu une telle chose auparavant. Alors Ananda et tous ceux qui étaient présent entendirent d’innombrables Bouddhas déclaré d’une seule voix :

« Excellent, Ananda, Si vous voulez tous savoir de l’Ignorance Fondamentale qui vous fait transmigrer dans le samsara, (vous devriez savoir que) les racines de la naissance et de la mort sont vos six organes des sens. Si vous voulez tout savoir du Suprême Éveil, Ce sont les six organes des sens qui vous permettront de réaliser rapidement la joie de la libération et de la permanence du Nirvana. »

Bien qu’Ananda ait entendu ces paroles, il n’était pas certain de leur sens profond. Ananda se prosterna alors et demanda au Bouddha « Comment les si organes des sens peuvent-ils être la cause de la transmigration dans le samsara ET cause de la joie de l’Absolu Nirvana ? »

Le Bouddha répondit « Ananda, tant les organes des sens que leurs objets jaillissent de la même source, attachement et libération ne sont pas deux choses différentes. La conscience est illusoire, comme une fleur dans le ciel. Ananda, votre savoir provient de tous les phénomènes qui prennent forme par le biais des sens. Tant la forme que la vision sont mutuellement dépendant, comme deux paquets (colonnes) de joncs reposant l’une sur l’autre. De ce fait, lorsque votre intellect agit comme le « connaisseur », c’est la racine de l’ignorance elle-même, et pourtant, quand le « connaisseur » est « libre de la vision », se sera le Nirvana qui est transcendant et pur. Comment, dans le deuxième cas, des éléments externes pourraient s’introduire ? »

 

Le Bouddha répéta alors son enseignement en récitant le gatha suivant :

« La Vrai Nature est libre de tous phénomènes

Qui sont des illusions créées par des causes

Le Noumène (substance) ne naît ni ne retombe mais

Tous les phénomènes sont des fleurs dans le ciel.

L’irréel révèle le réel mais tous deux sont des illusions.

Puisqu’il n’y a rien qui ne soit réel ou irréel

Comment un objet et un sujet pourrait-il existé ?

Entre les deux, il n’y a pas de vrai nature commence

Le point ou deux faisceaux de jonc se rejoignent pour tenir debout.

Nouer et Dénouer provient des même causes,

alors que le saint et l’homme mondain ne sont pas dualité.

Considérez la nature fondamentale au point de rencontre

Ou Être et Ne Pas Être ne peuvent exister.

Si vous négliger cela vous êtes dans l’illusion,

Si vous vous y éveillez vous êtes instantanément libre.

Six nœuds sont défaits les uns après les autres,

Lorsque les six disparaissent, l’Un disparaît également,

Choisissez un organe des sens qui est omniprésent:pénétrant,

Pour entrer le Saint Courant et atteindre la Bodhi.

Les vieilles habitudes coulent telles un torrent,

Dans la Subtile Conscience Alaya.

Puisque le réel, bien qu’irréel, peut créer la confusion

Je ne vous l’ai pas révélé.

 

Lorsque l’Esprit est concentré sur la recherche de l’esprit (lui-même,

Ce qui est fondamentalement non-illusion devient illusoire.

Si vous cessez tout attachement alors rien n’est réel :

Si ce qui n’est pas l’illusion cesse, de jaillir,

Alors comment l’illusion viendrait à l’existence ?

 

Ceci est le Profond Enseignement  du Lotus,

Le Précieux Eveil du Joyau Royal,

Le Samadhi du Voir toutes Choses comme Illusion,

Qui d’un claquement de doigt amène à l’état au-delà de toute étude.

La Doctrine insurpassable est suivie par tous les Bhagavats de toutes les directions,

Sur le Chemin Unique qui mène au Nirvana.

Histoire Zen de MingZhen 09

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Le marché du Diable

Chers amis,

La Voie du Zen est la voie de la responsabilité envers nos actions.

Combien de fois nous arrive-t-il de nous promettre d’accomplir quelque chose d’important puis, le temps passant, d’en perdre la ferme résolution ? Souvent, nous nous mentons sur notre propres fiabilité, notre propre capacité a assumer nos actes.

Nous pensons que rien ne se passera de bien grave si nous laissons la tâche de coté pour un jour ou deux. On pourrait demander de l’aide bien sur. Mais souvent, nous ne nous soucions pas de demander de l’aider à une autre personne.

Le temps passant encore, lorsque nous y penserons, la tâche à accomplir nous sera devenue trop banale, trop lointaine … et ainsi nous sommes devenus laxistes et indifférents à la promesse que nous nous étions faite.

Ce n’est pas la voie du Zen.

Un jour, un homme marchait à travers le marché quand il vit un panneau disant: «diable est à vendre. »

«Pourquoi, se demandait-il, quelqu’un voudrait-il acheter un démon? Alors il le demanda au marchand.

«Oh, dit le marchand, ce n’est pas un diable ordinaire. Ce diable va nettoyer vos maisons, vos vêtements et même faire votre dîner. Oui … chaque soir quand vous rentrerez du travail, vous trouverez votre maison propre et votre dîner qui sur la table. « 

« C’est fantastique! » Dit l’homme. «Je suis célibataire et sans femme, je dois faire toutes ces choses moi-même. Je vais donc acheter ce diable.

– Il n’y a qu’une chose, lui dit le marchand, vous devez dire à ce diable ce que vous voulez qu’il fasse chaque jour de sorte qu’il reste occupé jusqu’à ce que vous rentriez »

L’homme paya pour le diable et comme il s’éloignait rapidement, le marchand l’interpella de loin, « N’oubliez jamais, jamais, de lui dire ce qu’il doit faire jusqu’à ce que vous rentriez. Ne le laissez jamais sans aucune tâche à accomplir ! »

– Je le ferai, dit l’homme, et il rentra chez lui le diablotin sur les bras.

Tout se passa bien pendant plusieurs semaines. L’homme était très heureux de son diablotin. Un jour, l’anniversaire de l’heureux propriétaire arriva. Ces collègues lui firent une fête surprise et il s’y saoula, dîna avec ces amis et passa finalement toute la nuit avec l’une des dames de son bureau. Le lendemain matin, il alla directement à son bureau avec elle.

Quand il retourna enfin chez lui, il trouva le diable qui rôtissait joyeusement un enfant du voisin au-dessus du feu.

L’homme, choqué et accablé, revint au marchand et se plaignit furieusement des actes terribles commis par le diablotin.

– Ah! Dit le marchand, je vous avait prévenu ! Vous auriez pu lui dire de monter et descendre un arbre jusqu’à ce qu’il vous revoit ! « 

Certaines personnes disent que c’est pourquoi, quand tout le reste échoue dans la méditation, nous regardons le souffle comme s’il allait et venait de haut en bas dans notre poitrine. Et ainsi, pouvons-nous, naturellement, « dompté le diablotin » qui autrement s’évade et perd son temps en de bien horribles choses.

Can Tung Qi – San Do Kai (Harmonie entre différence et égalité)

C’est avec plaisir que la Dharma Winds Zen Sangha (DWZS/OZHY) vous présente sa traduction d’un chant d’illumination de Shitou Xiqian (jp.: Sekito Kisen), un disciple du 6ème Patriarche (Maitre Huineng/Eno), le fameux Can Tung Qi – San Do Kai (Harmonie entre différence et égalité).

Comme nos autres traductions, il s’agit ici d’une « traduction méditée », fruit de la pratique et de la lecture méditée de nombreuses versions du texte (des commentaires des maitres de notre lignées aux traductions de maitres comme Maitre Suzuki Roshi, Maitre Sheng Yen ou encore Maitre Deshimaru).

Notons que lors des journées de pratique ou à l’occasion des retraites, le texte est récité en matinée, après l’assise et la liturgie du matin. Notons également que le même maitre est l’auteur d’un autre poème empreint de liberté et de naturel: « le chant de l’Ermitage de Paille » (prochainement en traduction).

Shi YaoXin

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Can Tung Qi – San Do Kai

(Harmonie entre différence et égalité)

de maitre Shitou Xiqian (jp.: Sekito Kisen)

L’esprit du grand sage de l’Inde

S’est intimement transmis d’ouest en est.

Les facultés de l’homme sont plus ou moins fines,

Mais la Voie n’a de Patriarches ni du Nord ni du Sud.

La source spirituelle brille de pure lumière ;

S’étendant secrètement dans l’obscurité.

L’attachement aux phénomènes à toujours été illusion ;

L’union avec le Principe n’est pourtant pas encore l’illumination.

Tous les objets contiennent tous les royaumes,

Ils sont en interaction et pourtant ne le sont pas.

L’interaction entraîne la solidarité mutuelle,

Aucune tendance à rester sur sa position.

De la forme originelle proviennent les formes et les images,

Du son originel proviennent les plaisirs et les peines.

Dans l’obscurité, les discours sur le sacré et le profane se confondent,

Dans la lumière de la lucidité, les expressions de la clarté et du trouble se distinguent.

Les quatre éléments retournent à leur nature propre

Tout comme l’enfant retrouve sa mère.

Le feu chauffe et le vent bouge et fait tout trembler,

L’eau mouille et la terre est solide.

Œil – vision, oreille – son,

nez – odeur, langue – saveur.

En accord avec « ce qui est » (le Dharma),

Des racines surgissent des feuilles séparées.

Le tronc et les branches doivent retourner à l’Essence qu’ils partagent ;

Estimé ou vulgaire ne sont que des mots.

Dans les brumes de la luminosité réside l’obscurité,

N’interprétez pas l’obscurité.

Dans les brumes de l’obscurité réside la lumière,

N’interprétez pas la lumière.

La lumière et l’obscurité interagissent

Tel un pas en suivant un autre.

De toutes les choses innombrables, chacune a sa fonction,

Selon son usage et sa place.

Les phénomènes contiennent, comme la boîte et le couvercle se combinent ;

Le principe s’accorde à la flèche, au fil de l’épée et au bâton.

En recevant les enseignements, revenez au principe ;

Ne créez pas vos propres normes.

Avancez avec vos propres yeux ou la Voie est perdue.

Lorsque vous marchez sur la Voie, quel chemin suivre ?

Avancer sur la Voie, n’a rien à voir avec l’éloignement ou la proximité,

La confusion crée les montagnes et les rivières qui barrent la route.

J’implore ceux qui étudient le grand le mystère :

Ne perdez pas votre temps !

Histoire Zen de MingZhen n°8

img_20170108_223424Histoire # 8

Travail d’équipe

Chers amis,
Dans le Zen, nous apprenons que la coopération et le travail d’équipe sont des clés de notre pratique.
Chaque fois que nous nous préoccupons uniquement de notre propre renommée ou de nos propres objectifs… nous échouons à nous même.. et ce qui est pire est que notre échec blesse aussi les autres.
Mais si nous mettons notre ego de côté et que nous essayons de nous considérer comme faisant partie d’un groupe, d’un tout mouvant et dynamique, nous pouvons marcher vers la prospérité et l’harmonie:
Il y avait un moine qui vivait dans une grotte de haute montagne dans la banlieue d’une ville.
La famine avait frappé la ville et les gens étaient affamés. Il n’y avait plus de nourriture et le peu qui restait était gardé par des voleurs.
Le moine savait qu’il pourrait subsister seulement avec les pignons qui tombaient des arbres grandissants au haut de la montagne, mais ceux-ci n’étaient d’aucune aide pour le peuple. Il lui restait quelques pommes de terre dans son bac à légumes et, pensant aux gens, il est descendu en ville et a trouvé un grand pot en fer. Il alluma alors un feu sous le pot et le remplit d’eau.
Les gens de la ville se sont rassemblés autour de lui et lui ont demandé ce qu’il faisait.
« Je fais de la soupe de pierre », dit-il.
«Personne ne peut faire de soupe à partir de pierres», répondirent-ils.
– Ah oui, dit le moine en ajoutant ses pommes de terre à l’eau.
Un homme qui croyait le moine dit: «J’ai une vieille carotte dans mon sous-sol. Ce serait bien de l’ajouter à la soupe? « 
« Bien sûr! » dit le moine. « Ça va être tellement mieux. »
Une autre personne dit: «Et les oignons? J’ai quelques oignons qui sont encore bien bons. Vais-je les chercher pour la soupe? »
– Oui, dit le moine : «Votre contribution d’oignons sera la bienvenue. »
Bientôt chaque personne avait quelque chose à ajouter à la soupe … peu importe l’âge ou la quantité …
Et en un rien de temps le pot était bouillant et tout le monde a pu avoir une cuillère et un bol et le plus délicieux repas du mois.