Histoire Zen de Ming Zhen 10

img_20170129_112948Histoire # 10

La mort et les graines de moutarde

Chers amis,

Lorsque quelqu’un meurt, nous nous attendons souvent à ce que les bouddhistes nous parlent de réincarnation et de ce que les morts deviendront dans une prochaine vie.

Le Zen adopte une vision plus pragmatique de la mort.

En Inde, le Bouddha voyageait de ville en ville pour délivrer ses enseignements du Dharma. Beaucoup venaient de loin pour en entendre parler. Souvent, ils demandaient conseil, et le Bouddha leur répondait avec bonté.

Une jeune mère, nommée Kisa Gotami, était seule à la maison pendant que son mari voyageait en campagne pour son travail. Elle était une jeune fille inexpérimentée et vivait trop loin de sa propre mère pour obtenir des conseils chaque fois qu’elle en avait besoin.

Une nuit, son enfant est devenu malade, et la mère a fait tout ce qu’elle savait faire pour aider mais le nourrisson décéda. Elle ne pouvait pas croire que l’enfant était mort et continua pendant plusieurs jours à bercer le bébé dans ses bras et lui chanter des comptines, espérant que le petit finirait par répondre.

Un voisin eu pitié d’elle et lui suggéra d’emmener le bébé au Bouddha, qui était en prêche à proximité. «Si quelqu’un dans ce monde peut aider votre enfant, c’est bien lui» dit le voisin.

Et Kisa alla au Bouddha, portant son enfant dans ses bras.

«Voulez-vous guérir mon bébé?» Demanda-t-elle au Bouddha. «Il dort et il ne parvient pas à se réveiller. »

Le Bouddha comprit le problème. Kisa ne pouvait accepter la mort. Mais il lui dit: «Oui, je peux vous aider à une condition: vous devez trouver en ce village une maison et demander au propriétaire de vous donner quelques graines de moutardes afin que je puisse faire une potion pour le petit. Simplement : la maison d’où proviendront les graines de moutarde ne doit jamais avoir connu la mort. « 

– J’y vais tout de suite, dit-elle, et je trouverai vite une telle maison.

Elle alla à la première maison et demanda au propriétaire s’il lui donnerait des graines de moutarde. Ces graines étaient communes et bon marché et le propriétaire n’a pas hésité à accepter de lui en donner une poignée.

«Il n’y a qu’une chose, dit Kisa, personne ne doit jamais être mort dans cette maison.

« Oh, dit le propriétaire, » alors je ne peux pas vous aider. Ma chère femme est morte dans son lit il y a un an. »

Kisa est alla dans une autre maison, et bien que le propriétaire ait été heureux de lui donner les graines, il devait admettre que son propre père était mort là plus tôt dans l’année.

Kisa allait d’une maison à l’autre et bientôt elle avait visité toutes les maisons de la ville.

Elle comprit, retourna au Bouddha et accepta avec tristesse d’enterrer son enfant.

Traduction par le moine QianXin, édition par Shi YaoXin
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