Can Tung Qi – San Do Kai (Harmonie entre différence et égalité)

C’est avec plaisir que la Dharma Winds Zen Sangha (DWZS/OZHY) vous présente sa traduction d’un chant d’illumination de Shitou Xiqian (jp.: Sekito Kisen), un disciple du 6ème Patriarche (Maitre Huineng/Eno), le fameux Can Tung Qi – San Do Kai (Harmonie entre différence et égalité).

Comme nos autres traductions, il s’agit ici d’une « traduction méditée », fruit de la pratique et de la lecture méditée de nombreuses versions du texte (des commentaires des maitres de notre lignées aux traductions de maitres comme Maitre Suzuki Roshi, Maitre Sheng Yen ou encore Maitre Deshimaru).

Notons que lors des journées de pratique ou à l’occasion des retraites, le texte est récité en matinée, après l’assise et la liturgie du matin. Notons également que le même maitre est l’auteur d’un autre poème empreint de liberté et de naturel: « le chant de l’Ermitage de Paille » (prochainement en traduction).

Shi YaoXin

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Can Tung Qi – San Do Kai

(Harmonie entre différence et égalité)

de maitre Shitou Xiqian (jp.: Sekito Kisen)

L’esprit du grand sage de l’Inde

S’est intimement transmis d’ouest en est.

Les facultés de l’homme sont plus ou moins fines,

Mais la Voie n’a de Patriarches ni du Nord ni du Sud.

La source spirituelle brille de pure lumière ;

S’étendant secrètement dans l’obscurité.

L’attachement aux phénomènes à toujours été illusion ;

L’union avec le Principe n’est pourtant pas encore l’illumination.

Tous les objets contiennent tous les royaumes,

Ils sont en interaction et pourtant ne le sont pas.

L’interaction entraîne la solidarité mutuelle,

Aucune tendance à rester sur sa position.

De la forme originelle proviennent les formes et les images,

Du son originel proviennent les plaisirs et les peines.

Dans l’obscurité, les discours sur le sacré et le profane se confondent,

Dans la lumière de la lucidité, les expressions de la clarté et du trouble se distinguent.

Les quatre éléments retournent à leur nature propre

Tout comme l’enfant retrouve sa mère.

Le feu chauffe et le vent bouge et fait tout trembler,

L’eau mouille et la terre est solide.

Œil – vision, oreille – son,

nez – odeur, langue – saveur.

En accord avec « ce qui est » (le Dharma),

Des racines surgissent des feuilles séparées.

Le tronc et les branches doivent retourner à l’Essence qu’ils partagent ;

Estimé ou vulgaire ne sont que des mots.

Dans les brumes de la luminosité réside l’obscurité,

N’interprétez pas l’obscurité.

Dans les brumes de l’obscurité réside la lumière,

N’interprétez pas la lumière.

La lumière et l’obscurité interagissent

Tel un pas en suivant un autre.

De toutes les choses innombrables, chacune a sa fonction,

Selon son usage et sa place.

Les phénomènes contiennent, comme la boîte et le couvercle se combinent ;

Le principe s’accorde à la flèche, au fil de l’épée et au bâton.

En recevant les enseignements, revenez au principe ;

Ne créez pas vos propres normes.

Avancez avec vos propres yeux ou la Voie est perdue.

Lorsque vous marchez sur la Voie, quel chemin suivre ?

Avancer sur la Voie, n’a rien à voir avec l’éloignement ou la proximité,

La confusion crée les montagnes et les rivières qui barrent la route.

J’implore ceux qui étudient le grand le mystère :

Ne perdez pas votre temps !

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